Deux congrès ont célébré au Mexique l’épopée des Cristeros

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En l’espace de quelques jours, plusieurs colloques ont été organisés au Mexique pour marquer le centième anniversaire du début du soulèvement des « Cristeros » contre le gouvernement maçonnique et sa persécution de l’Eglise catholique qui avait culminé en 1926 avec la mise en application stricte des dispositions anticatholiques de la Constitution mexicaine de 1917 par le président Plutarco Calles, militant athée.

Le premier s’est déroulé les 5 et 6 février au Palais de l’Autonomie de l’Université nationale autonome du Mexique. Co-organisé par le Consejo de Estudios Hispanicos Felipe II, l’Union internationale des juristes catholiques et le groupe sectoriel de sciences politiques de la Fédération internationale des universités catholiques, suscitant un tel intérêt qu’il a fallu ouvrir une salle supplémentaire pour pouvoir accueillir l’ensemble des participants.

 

Deux congrès au Mexique ont réveillé la mémoire de la Cristiada

Le Français Jean Meyer, auteur de l’œuvre magistrale « La Cristiada », faisait partie des intervenants, lui qui a réveillé la mémoire de la Cristiada au Mexique dans les années 1960, ayant pu interroger de vive voix des survivants des deux camps (c’est lui aussi qui a soutenu et encouragé les travaux de Reynald Secher sur le génocide de la Vendée). Et tout comme la Vendée aujourd’hui est plus consciente de son histoire, le Mexique prend lui aussi de plus en plus publiquement conscience de cet épisode de son histoire, qui a vu la mort de quelques 200.000 personnes aux mains du pouvoir.

C’était le plus souvent des paysans, des petites gens, mais pas seulement : la rébellion fut celle des laïcs catholiques qui ne supportaient pas de voir fermer leurs églises et d’interdire le culte public, alors que les protestations pacifiques n’aboutissaient à rien. L’Eglise catholique a béatifié ou canonisé nombre de ces martyrs, en particulier le jeune José Luis Sanchez del Rio, tué en 1928 pour n’avoir pas voulu renier sa foi, et canonisé en 2016.

Pour les hispanophones, plusieurs conférences données lors de ce colloque sont disponibles en ligne sur Facebook, ici. Les Cristeros ont vécu dans leur chair ce qu’écrivait à l’époque, dans son encyclique Quas Primas, le pape Pie XI. Un rapprochement a d’ailleurs été fait au cours d’une conférence donnée par Oscar Mendez entre le centenaire de l’encyclique et l’épopée des catholiques mexicains.

Pour des observateurs locaux, ce congrès fut un acte historique, un événement marquant pour la pensée politique catholique au Mexique.

 

L’épopée des Cristeros vue par les universitaires et par les religieux

Un jour plus tard, le 7 février, c’est à Cancún que s’est tenu un autre congrès au sujet de la Cristiada, en l’église Saint-José-Luis-Sánchez del Río. L’événement – de moindre envergure, mais plus axé sur les défis contemporains auxquels sont confrontés les catholiques dans la cité, a réuni des prêtres, des universitaires et des laïcs pour réfléchir au sens historique, spirituel et actuel de la Cristiada.

On y a fait remarquer qu’après le soulèvement armé, spontané, des laïcs catholiques, qui dura jusqu’en 1929, les catholiques au Mexique obtinrent certes un répit, non sans que se poursuive une certaine forme de persécution pendant plusieurs années.

 

Le centenaire du soulèvement des Cristeros au Mexique

Si le congrès de Mexico était essentiellement universitaire, celui de Cancún était d’orientation plus religieuse et avait d’ailleurs obtenu l’autorisation de l’administrateur apostolique du diocèse de Cancún-Chetumal, Mgr Pedro Pablo Elizondo Cardenas. Celui-ci insista sur la nécessité de se souvenir de la Cristiada avec justice et rigueur historique, et non pas sous la forme d’un « exercice idéologique ». Si les comptes rendus mexicains de l’événement ne précisent pas exactement de quoi il était question, on peut tout de même noter la focalisation du colloque sur les mots qui ont servi de cri de ralliement et de conviction, voire de martyre des catholiques mexicains : « Viva Cristo Rey », en tant que confession publique de la foi.

« Cette devise, souvent associée à la dévotion à la Vierge de Guadalupe, reste une expression vivante de la religiosité populaire et de l’affirmation de la souveraineté du Christ face à tout pouvoir qui prétend reléguer la foi dans la sphère privée », note Infovaticana. Le média hispanophone note également que le colloque de Cancun s’est intéressé au concept d’Etat laïque en soulignant qu’une laïcité authentique ne consiste pas à exclure la foi de l’espace public, mais dans le respect effectif de la liberté de conscience, de religion et d’expression. Droits modernes donc, qui ne reconnaissent pas la spécificité de la doctrine du Christ Roi qui proclame la royauté sociale de Notre Seigneur et les droits propres de la religion catholique.

 

Jeanne Smits