Benjamin Blanchard, directeur général de SOS Chrétiens d’Orient, a livré une tribune au JDD pour dénoncer le récent rapport sur la Syrie de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile. Il révèle que, selon le rapport, « les actes de persécutions contre les chrétiens (y) sont rares », ce qui devrait réduire largement l’asile accordé pour ce motif, mais que les « personnes ayant des liens présumés avec l’Etat islamique » subissent un « risque de persécution » pour « opinion politique ».
M. Blanchard écrit que même s’il n’y a pas de « persécution institutionnelle » en Syrie, « cela n’empêche en rien cette insécurité du quotidien » dans un pays ou se fait ressentir « l’imprégnation de plus en plus sensible de la loi islamique dans la vie quotidienne ».
Il écrit que si le rapport en question n’est pas contraignant, il reste « tout à fait révélateur de la façon dont les institutions européennes comprennent le problème syrien ». Et il conclut, notant que l’exil n’est jamais la bonne solution pour les chrétiens : « Si des dossiers de ressortissants syriens devaient être examinés en priorité, ce seraient bien les leurs et non ceux de personnes ayant des liens présumés avec l’Etat islamique… »
Selon l’ONG Portes Ouvertes, la Syrie est le 6e pays où les chrétiens sont le plus persécutés : « Depuis la chute du régime d’al-Assad en décembre 2024, le groupe islamique Hayat Tahrir-al-Cham contrôle la majorité du territoire syrien, avec Ahmed al-Charaa comme président de transition. La déclaration constitutionnelle de mars 2025 fait de la jurisprudence islamique la source première de législation, sans protection suffisante des minorités. »











