Epstein, Bannon et Lucifer

Epstein Bannon et Lucifer
 

Nous savons désormais qu’il y a eu bien des échanges entre Steve Bannon et Jeffrey Epstein, alors même que celui-ci était déjà tombé pour sollicitation de mineurs en vue de la prostitution.

C’est dans l’un de ses mails à Bannon qu’Epstein a fait figurer en 2018 la proclamation de révolte de Lucifer dans Paradise Lost du poète anglais du XVIIe, John Milton :

« Ici du moins nous serons libres. Le Tout-Puissant n’a pas bâti ce lieu pour nous l’envier ; il ne voudra pas nous en chasser / Ici nous pourrons régner en sûreté ; et, à mon avis, régner est digne d’ambition, même en Enfer ; mieux vaut régner dans l’Enfer que servir dans le Ciel. »

Paradise Lost est un poème épique sur la chute originelle et la rédemption de l’homme. Ecrit par un protestant, on a pu dénoncer la manière dont il dépeint Lucifer comme une sorte de héros.

Voilà une clef de lecture intéressante et sans doute essentielle pour comprendre le parcours d’Epstein : depuis sa gloire parmi les puissants jusqu’à sa chute qui les entraîne. Nul besoin pour cela de le qualifier de sataniste. Il a simplement choisi le mal pour le mal et il a servi par son pouvoir – on est tenté de le penser – d’instrument au diable.