« Les partis extrêmes doivent faire du ménage. L’extrême-gauche en l’occurrence, mais l’extrême-droite aussi qui a dans ses rangs des militants qui justifient l’action violente. »
On reste estomaqué par ce parallèle truqué entre « extrêmes » tiré par Emmanuel Macron lors de sa visite à New Delhi sur le cadavre à peine refroidi d’un jeune homme. Le décalage horaire n’excuse pas tout. Il y a un décalage mental volontaire qui reprend exactement le discours de l’extrême-gauche d’un Mélenchon ou d’un Delogu, pour qui la Jeune Garde aurait été fondée pour répondre à la violence « néofasciste ».
Et leur affirmation sortie de nulle part selon laquelle l’extrême-droite tuerait bien plus que l’extrême-gauche : aucune statistique ne l’atteste, et pour cause, mais cela ne fait rien, ils occupent le terrain médiatique et politique. Mettre ainsi sur le même pied la victime, qui en fait de néofascisme n’avait commis d’autre crime que de lire Maurras et d’être catholique traditionnel, et les bourreaux qui crient « no limit pour les fachos », est une faute morale, le meurtre d’un jeune homme n’est pas un détail.
C’est aussi une erreur d’observation politique : si Macron entend par partis extrêmes le RN et LFI, ils ne font pas « le ménage » de la même façon : Marine Le Pen exclut du RN les partisans de l’action directe, Jean-Luc Mélenchon les inclut, il a fait notamment de Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde et fiché S condamné pour violence, un député LFI. Mais cette faute morale et cette erreur d’observation disent la vérité sur la politique de Macron, qui rencontra chaleureusement Mélenchon à Marseille voilà quelques années : s’il le protège, c’est parce qu’au fond, par des voies différentes, ils visent les mêmes objectifs, le même projet de société d’une Nouvelle France bariolée et arc-en-ciel.











