La « tech » et les écrans à l’école s’accompagnent du déclin cognitif

 

Equiper les enfants des écoles d’ordinateurs portables, une fausse bonne idée ? Les Etats-Unis y ont dépensé 30 milliards de dollars, mais cela n’a pas eu les résultats annoncés. Selon le magazine Fortune, la génération qui a été la première à bénéficier massivement de ces gadgets de la « tech » est aussi la première à avoir moins de capacités cognitives que celle de leurs parents.

Le Maine fut un précurseur : en 2002, son gouverneur de l’époque, Angus King, avait décidé de donner aux écoliers l’accès facile à Internet. En moins d’un an, 17.000 portables Apple furent distribués aux élèves de 5e. Depuis lors, les distributions sont de plus en plus généreuses, et l’exemple du Maine a été suivi dans un grand nombre d’Etats. Mais les jeunes ainsi dotés se sont révélés moins « savants » que leurs prédécesseurs, contrairement à tout ce que l’on promettait pour justifier une telle dépense.

Que ce soit en lecture ou en maîtrise de l’arithmétique, on constate un déclin inédit au sein de la génération Z, alors même que les tests d’aptitude sont de plus en plus faciles.

 

La tech à l’école favorise le déclin cognitif

Sahha Rogelberg cite ainsi dans Fortune le témoignage écrit du spécialiste des neurosciences Jared Cooney Horvath. Pour lui, les choses sont claires : plus les élèves sont exposés aux écrans, moins les résultats scolaires sont bons. Autrement dit, le portable ou la tablette en classe diminue les capacités d’apprentissage des enfants.

Cette situation peut devenir dramatique pour l’avenir lorsque les lacunes de cette jeune génération se manifesteront face aux problèmes et au travail dans le monde à venir, mais il cite une enquête de 2021 dans laquelle les enseignants ont révélé que malgré une réalité qui devient de plus en plus évidente, plus de la moitié des élèves passent une à quatre heures chaque jour en utilisant des outils numériques. Chez certains, cette durée est encore plus importante : cinq heures par jour pour un quart des élèves.

 

Un déclin cognitif sans précédent – et l’addiction à l’« héroïne numérique »

L’un des problèmes liés à l’utilisation de la tech est la distraction qu’elle entraîne. Une étude de 2014 auprès d’étudiants en université a montré que les deux tiers du temps qu’ils passent sur ordinateur ne sont pas consacrés aux tâches qu’ils ont à accomplir. Passer d’une chose à l’autre nuit à la concentration, ne pas se concentrer sur une tâche affaiblit la mémoire, la précision et la capacité de réflexion face à des problèmes ardus. Autrement dit, c’est à la fois trop facile et intrinsèquement nocif pour la pensée, d’autant plus que la multiplicité des informations sans rapport avec le travail se combine avec l’attrait des réseaux sociaux et les jeux qui visent ouvertement l’addiction de leurs utilisateurs.

D’aucuns appellent cela de l’« héroïne numérique ». Elle est distribuée au jeune public sans scrupules.

 

Jeanne Smits