Christine Bonfanti-Dossat et Alain Milon, sénateurs LR et corapporteurs de la proposition de loi relative à l’aide à mourir, ont signé une tribune dans Le Figaro pour dénoncer l’empressement avec lequel le gouvernement veut faire examiner le texte par le Sénat.
Estimant que « nous traversons une période d’exceptionnelle gravité », les deux sénateurs écrivent qu’« on peut légitimement s’interroger sur les priorités de l’exécutif qui, au lieu de répondre aux urgences du moment, brusque l’agenda parlementaire sur l’une des questions les plus vertigineuses qui soient ».
Ils soulignent que « la précipitation est une faute politique et, sur un tel sujet, une faute morale », et ajoutent : « Le Sénat a été pensé pour ces moments : pour résister à l’emportement, pour exiger que la loi soit à la hauteur de ce qu’elle prétend régler. Si ce texte était adopté ainsi – à quelques voix près, contre l’avis du Sénat, contre l’avis des soignants, au mépris des garde-fous du CCNE –, il porterait en lui dès sa naissance le germe de sa propre illégitimité. Une démocratie de ce nom ne se précipite pas quand elle légifère sur la mort. Ce temps, le Sénat doit l’exiger. C’est sa raison d’être. C’est son honneur. »











