Surprise, surprise ! 90 minutes avant l’échéance de l’ultimatum que Trump avait lancé de manière brutale à l’Iran sur son réseau Truth Social, en promettant de renvoyer le pays à l’âge de pierre – « une civilisation entière va mourir ce soir » –, le président des Etats-Unis a fait savoir qu’un accord de cessez-le-feu de quinze jours, assorti de pourparlers de paix démarrant vendredi, avait été accepté de part et d’autre. Et même par Israël. Bon, pour la surprise, on peut imaginer que Trump avait déjà des idées derrière la tête et qu’il avait dû amplement en discuter avec Netanyahou. La poursuite des opérations israéliennes contre le sud du Liban fait partie de l’ensemble. A l’heure d’écrire, le prix du baril de pétrole a déjà reculé à 93 dollars.
Trump a agi à sa façon d’as du deal. Il a pris le monde entier à témoin, a fait de la gonflette de communication et a joué verbalement d’une menace dont les témoins abasourdis ont tôt fait d’interpréter qu’elle était quasi nucléaire. N’a-t-il pas affirmé que des moyens américains jamais employés jusqu’ici dans cette guerre allaient être mis en œuvre ?
Le cessez-le-feu Etats-Unis – Iran fait chuter les prix du pétrole
Du pape, dont c’est en quelque sorte le métier de promouvoir la paix en ce type d’occurrence, aux représentants des droites radicales à travers le monde et de nombreux catholiques qui n’ont de cesse de vanter la Russie de Poutine, l’ultimatum a été jugé avec sévérité, comme s’il ne s’agissait pas d’un argument de pression, mais d’une menace effective sur les centrales énergétiques et les ponts iraniens. Bien sûr, le ton était outrancier et le propos aussi. Et, bien sûr, inacceptable au regard des critères de la guerre juste. Comme l’était au demeurant le placement de boucliers humains autour des cibles potentielles en Iran, mais on l’a moins entendu.
Or, si Trump avait effectivement été amené à opérer ces destructions – auxquelles tout le monde a cru, ce qui était certainement le but recherché –, on peut supposer que l’Iran aurait été dans l’incapacité totale de continuer à contrer les forces américaines. Il n’était pas raisonnable de penser que sa garde révolutionnaire prenne ce risque.
Mais voici qu’on parle partout d’échec stratégique, d’un Trump qui se serait couché, et ce alors même que l’Iran accepte la réouverture du détroit d’Ormuz. Le cessez-le-feu négocié par le truchement du Pakistan (qui a pu parler à ses « frères » iraniens, ce qui est somme toute habile) laisse ouverte la porte à la négociation d’un plan en dix points proposé à l’Iran, qui a tout de même vu sa force militaire et ses capacités nucléaires fortement diminuées.
L’Iran bénéficie du soutien discret de ses alliés des BRICS… et des droites radicales
Les articles se multiplient pour avancer que Trump en est à un stade de démence comparable à celui de Biden, à qui toute la presse mainstream passait tout et qui ne signait même pas ses propres décrets.
De même, c’est la consternation et la colère face aux menaces militaires de Trump. Pourtant, lorsqu’un Lavrov ou un autre dignitaire russe promettait d’oblitérer des villes occidentales avec des moyens nucléaires, il ne se passait rien sur les réseaux sociaux de la droite pro-russe.
On en déduit que les machines de propagande fonctionnent bien et à plein temps. Pour ce qui est de la suite des événements au Proche-Orient, on ne peut prétendre les annoncer : qui vivra verra. Mais arrêtons au moins de croire que Trump agit comme un fou. Trump a fait du Trump et on continue, à chacune de ses déclarations, de faire comme si elles étaient absolues et définitives. Il poursuit un objectif et emploie pour cela les moyens classiques : l’intimidation, voire la feinte. A la guerre comme à la guerre, en somme. Mais aujourd’hui, les réseaux sociaux se joignent aux médias comme arbitres des élégances… dictées, on s’en doute, par les BRICS, qui ont toute raison de secourir ainsi l’allié iranien.











