284 millions d’euros de fonds publics dilapidés dans la farine d’insectes

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On ne trouve guère d’articles dans les grands médias sur une dépense publique à fonds perdus pour promouvoir la farine d’insectes. Pas moins de 284 millions d’euros prélevés sur la richesse et le travail des Français, ont été « investis » depuis 2010 par l’Etat dans une filière en faillite. « Des sommes colossales », pour reprendre l’expression de Reporterre, site d’information on ne peut plus écologiste, mais qui est pourtant le premier à s’indigner, jugeant que le financement de filière végétale de production de protéines aurait davantage profité de cette manne.

Ÿnsect, récipiendaire à lui seul de 170 millions d’euros d’argent public, a ainsi été placé en liquidation judiciaire en 2025, après quatorze ans d’existence. Son président avait été emmené par Emmanuel Macron aux Etats-Unis en 2022 dans le cadre d’une visite d’Etat destinée à présenter les entreprises françaises les plus performantes. Ÿnsect était « présentée comme la fine fleur de la French Tech », rappelle Reporterre.

L’affaire concentre les aspects les plus symboliques du désastre de l’Etat-nounou, de la manipulation écologique mondiale et de la modification forcée de nos goûts et de notre façon de vivre. Par miracle, la mayonnaise n’a pas pris, ou plutôt la larve continue de dégoûter le consommateur moyen en France.

 

284 millions d’euros pour masquer la faillite de la farine d’insectes

La manipulation écologique est au cœur de ce système qui dépasse très largement celui des farines d’insectes. La propagande verte ne cesse de culpabiliser les amateurs de viande, dénonçant l’empreinte écologique de l’élevage (et spécialement de l’élevage bovin) pour accuser le consommateur de steak du réchauffement climatique, de l’explosion du CO2 et de tous les malheurs – et Dieu sait qu’elle est inventive dans ce domaine – qui vont avec.

Pour remplacer la viande on ne recule devant rien. On favorise la création de produits hautement transformés sans protéines animales, dont la sûreté pour la santé est très loin d’être établie, ou encore la coûteuse et douteuse création de viande produite en laboratoire, et comme ici l’introduction dans nos régimes d’Occidentaux de farines fournies par les insectes qu’il faut consommer malgré le dégoût que ceux-ci provoquent, pour mieux sacrifier à Gaïa.

Tout cela avec le soutien et l’impulsion des institutions internationales. Ainsi, la course à l’investissement de l’arnaque de l’élevage d’insectes fut-elle portée à l’origine, en 2013, par la publication d’un rapport de la FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture liée à l’ONU) sur les mérites de cette nouvelle filière.

 

Les contribuables contraints d’avaler la farine d’insectes à leur façon…

Quant à l’Etat-nounou, c’est ici l’argent du contribuable qui a été détourné pour faire fonctionner une filière improbable en la portant à bout de bras. Pour finir, il aura aussi fallu financer l’audit de la gabegie. C’est un rapport de l’Observatoire des subventions et aides agricoles (OBSAF) et de l’Observatoire national de l’élevage d’insectes (ONEI), publié le 22 avril dernier, qui l’a dénoncée.

On y constate avant tout le favoritisme à l’égard de la farine d’insectes, dont les subventions dépassent haut la main celles accordées à d’autres filières innovantes. Mais le rapport, rédigé après une enquête minutieuse en utilisant des sources ouvertes, des bases européennes administratives et financières, mais aussi des articles de presse et des communications d’entreprise – la larve est opaque – que chaque kilogramme de farine d’insectes produit en France a bénéficié au bas mot de 20 € d’aide publique, pour un prix de vente au kilo de 4 € seulement, dans un secteur en faillite.

En l’occurrence, souligne Reporterre, l’Union européenne ainsi que les régions et les collectivités locales ont apporté leur écho. 90 % des financements sont provenus de l’Etat sous forme de prêts, avances, prises de participation au capital et subventions directes. Au sommet de la pyramide, la Banque publique d’investissement (Bpifrance) a contribué à rendre l’entreprise crédible auprès des investisseurs privés. L’institution s’en est expliquée auprès de Reporterre en affirmant s’être inscrite « dès l’origine dans une logique de souveraineté alimentaire, d’innovation industrielle et de transition écologique », et que son bel optimisme a été fracassé par la flambée des prix de l’énergie (c’est la faute à l’Ukraine), mais aussi – et là, a priori, c’était prévisible – en raison de la complexité de construction d’usines de cette ampleur, avec son cortège de « retards et surcoûts ».

 

La farine d’insectes n’est même pas écologique selon les critères écologistes

Scarabée sur le gâteau de farine de larves, tout cela ne pouvait entraîner aucun bénéfice environnemental, selon Tom Bry-Chevalier, doctorant en économie de l’environnement au sein de l’université de Lorraine et de la chaire économie du climat (Dauphine-PSL) et directeur scientifique de l’ONEI : nourrir les insectes « coûte » cher en CO2, bien plus cher que la farine de poisson ou de soja. En cause : le chauffage nécessaire au bien-être de ces bestioles, auxquelles il faut une température de 25 °C à 30 °C, même en hiver. En outre, tandis que la réglementation européenne empêche de les nourrir avec des déchets agricoles, on expliquait aussi que la farine d’insectes était intéressante pour fabriquer des croquettes pour animaux domestiques. Mais celles-ci utilisent déjà des sous-produits d’abattoirs sans débouchés commerciaux, de sorte qu’il n’y avait aucune raison de les remplacer.

Le même chercheur souligne que des « freins culturels » minimisent les possibilités d’utilisation des farines d’insectes dans l’alimentation humaine. On les utilise sous forme de farine protéinée – et en quelque sorte invisible dans – les produits céréaliers industriels, en remplacement de la farine végétale dont le « bilan carbone » est bien moindre, ce qui met à nu l’hypocrisie de tout le discours sur le CO2.

Comme on est de toute façon chez les fous, citons intégralement cette autre lamentation de Reporterre : « Le rapport pointe par ailleurs les “problèmes éthiques” posés par l’élevage d’insectes. Plus de 1.000 milliards d’individus appartenant à cette classe d’animaux sont exploités chaque année dans le monde, sans qu’il n’existe aucune norme de bien-être, ni aucune réglementation sur la méthode utilisée pour les abattre. Il existe pourtant une “possibilité réaliste d’expérience consciente” chez les insectes, selon la centaine de philosophes et spécialistes de la cognition animale signataires de la Déclaration de New York sur la conscience animale de 2024. »

Pensez-y la prochaine fois que vous écraserez un moustique, même sans l’avaler !

 

Jeanne Smits