Comme ses modèles Trump et Mélenchon, Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, occupe le terrain avec chaque jour une nouvelle sensationnelle (pas toujours reluisante) : l’histrion qui fait parler de soi est en même temps un idéologue et un homme d’action. Vendredi il décroche la photo de Macron de son bureau, samedi il appelle ses partisans à se soulever si jamais le RN l’emportait à la présidentielle. Cet appel est à la fois un refus des institutions et un appel à la guerre civile. Les autorités politiques et judiciaires françaises auraient dû se dresser contre lui, la presse aurait dû en faire ses gros titres. Ni l’un ni l’autre n’a eu lieu. Cela en dit long sur l’Etat du pays et de ses élites. Et cela laisse deviner d’abord un proche avenir très lourd, ensuite une nouvelle étape de la révolution mondialiste arc-en-ciel en cours, une mutation tant politique que spirituelle de la société française. Bagayoko en est le tirailleur de pointe.
En bon tirailleur, Bagayoko ne répare pas, il remplace
Bagayoko n’est pas Carglass : dans son laboratoire du 93, il ne répare pas, il remplace. Nul maire n’est tenu d’accrocher au-dessus de son bureau la photo du président, mais la décrocher est un symbole. La République française et ses convenances surannées, il n’en a rien à battre. Interviewé par Oumma.com, ce détail n’est pas sans importance, sur l’élection présidentielle de 2027, Bally Bagayoko a fait cette analyse : « Soit c’est nous, soit c’est eux (…), c’est-à-dire l’extrême-droite. » C’est son droit. Un peu plus tard, il ajoute avoir « l’intime conviction que le peuple se lèvera » si le candidat RN est élu. Une conviction n’est pas un délit, mais entre penser qu’un fait va avoir lieu et le souhaiter, la frontière peut être floue. Aussi l’intervieweur s’inquiète-t-il : « Attention, on va vous reprocher d’appeler à l’insurrection, Monsieur Bagayoko. » Et là, le maire de Saint-Denis précise sa pensée : « Toutes les réformes importantes dans ce pays se sont faites par une insurrection populaire. » Voilà sans ambiguïté une approbation de l’insurrection en cas de « mauvaise » élection : donc à la fois une déclaration factieuse et un appel à la guerre civile.
L’Etat-nounou muet devant la dissidence de l’immigration
Ni le ministre de l’Intérieur, ni celui de la Justice, ni le parquet, ni aucune autorité politique ou judiciaire, pas même le préfet local, n’a fait le moindre commentaire. Quant à la presse, elle a évoqué la chose un peu samedi, puis il y a eu plus urgent, le hantavirus, une mairie divers droite qui n’a pas fêté la journée de l’esclavage, les Saints de glace. Electroencéphalogramme plat. L’esprit public est en vacances. Il ne peut y avoir que deux raisons à cet ahurissant silence : la connivence ou l’impuissance. La réalité politique française est un mélange des deux. Inutile d’insister longtemps sur l’impuissance : l’Etat-nounou surendetté, accablé de dépenses non régaliennes et miné idéologiquement, n’a plus les moyens ni mentaux ni financiers d’assurer l’ordre. L’actualité nous confirme chaque jour cette impuissance : au laxisme des juges répond tragiquement une explosion des violences contre la police en 2025. Dans ce contexte, Bagayoko se fait le tirailleur suractif d’une dissidence de l’immigration : la reprise en main menace d’être si coûteuse, y compris en sang, que la Cinquième République n’a peut-être pas les moyens de la mener.
Connivence systémique : Macron, Bagayoko, même combat !
Il faut en revanche insister sur la connivence entre Bagayoko et le magma qui nous gouverne, car elle donne la clef de la révolution arc-en-ciel. En éclaireur intelligent et décidé, Bagayoko formule clairement ce qu’une Panot bredouillait en février : « Nous n’accepterons jamais que le fascisme prenne le pouvoir légalement par les urnes, ce que veut faire Marine Le Pen. » Elle disait cela pour légitimer les actes de Raphaël Arnault et de sa Jeune Garde. Elle ne faisait d’ailleurs elle-même que reprendre le mot d’ordre de la République depuis 1936 « No pasarán », que le parti communiste avait traduit en 1947 par De Gaulle, « général fasciste ». La ficelle est usée, mais elle est solide, et il n’y a pas que la gauche qui s’en serve : en 2024, Gabriel Attal, Premier ministre, et Edouard Philippe, ont fait élire communistes et insoumis pour empêcher une majorité RN. Sans doute Bagayoko pousse-t-il la logique de la révolution à son terme en appelant de ses vœux un soulèvement « populaire », c’est à dire immigré (comme dans « quartiers populaires »). Mais, là encore, il met ses pas dans ceux de ses grands ancêtres : la République ne s’est établie en France que par des journées d’insurrection, elle est l’enfant du désordre et de la violence, divinisés à l’avance par Rousseau (« l’insurrection est le plus sacré des devoirs »).
Le chaos, père de la révolution arc-en-ciel
Alors, comment cela peut-il finir ? La sédition qui commence pourra prendre des formes diverses, et rien ne dit que l’on puisse faire l’économie désormais des « rivières de sang » que prévoyait voilà soixante ans le conservateur anglais Enoch Powell. Mais pour quel résultat ? Il y a bien sûr en France des groupes armés qui souhaitent faire de notre pays une république islamiste. Mais ce n’est le souhait ni de Bally Bagaoyoko, valant tirailleur communautaire, ni celui de Macron, ni des divers types de nigauds et de mollassons qui peuplent les allées du pouvoir, ni de ceux qui les agitent dans l’ombre. L’islam et le remplacement de populations sont utilisés d’abord pour se débarrasser de l’ordre ancien, national et chrétien, et produire un chaos facile à dominer. L’étape suivante devrait être une juxtaposition de communautés adverses mais toutes soumises à la république universelle, c’est-à-dire un empire animé par la morale et la spiritualité arc-en-ciel.











