Alors qu’il participe au sommet franco-africain Africa Forward organisé pour la première fois par un pays anglophone, le Kenya, Emmanuel Macron a donné une interview à Jeune Afrique où l’on peut lire notamment cette phrase. Pour lui, la Chine « est dans une logique prédatrice », et on pourrait y ajouter les Etats-Unis et la Russie. A noter aussi dans cet entretien : rappelant qu’il a « condamné avec force la colonisation » dès 2017, il a ajouté : « Mais je ne lui imputerais pas tout, car on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances. » Des déclarations en petit progrès sur la doxa ordinaire, mais qui refusent cependant de remettre l’histoire à l’endroit : si on la compare à l’Afrique précoloniale au 19e siècle, et l’Afrique post-coloniale aux 20e et 21e siècles, la colonisation de l’Afrique, malgré ses erreurs et ses crimes, apparaît comme une ère de paix et de développement, dans un esprit global d’assistance et de progrès. En particulier, la colonisation menée par la France a coûté plus cher qu’elle ne lui a rapporté, comme l’a démontré l’historien communiste de l’économie Jacques Marseille. En d’autres termes, les Européens n’ont pas été les prédateurs des deux siècles précédents, la prédation, c’est avant et après la colonisation.











