Au début, l’Europe ne se sentait pas concernée. Cela a commencé au Libéria, pendant la guerre civile qui a duré de 1989 à 2003 : en les forçant, en les droguant, en leur faisant miroiter monts et merveilles, les deux camps ont recruté des milliers d’enfants soldats qui se sont révélés à l’usage de sauvages guerriers, des assassins sans peur ni limite. Des photos en montrent arborant des colliers de doigts coupés à leurs victimes. Une fois libérés du « Tu ne tueras point », enfants et adolescents deviennent dans l’action de sanglants porteurs de mort. Cette réalité se répand aujourd’hui dans une Europe dont de mauvaises lois aident à fracasser les mœurs. Des gangs emploient des gosses comme tueurs en Scandinavie pour exploiter la protection que leur minorité leur assure. En France, l’excuse de minorité permet aux sauvageons des quartiers de lyncher leurs contemporains avec une frénésie croissante. Cette enfance massacrée et massacreuse pose un problème moral et spirituel. Et une question : que faire ?
On exploite les enfants assassins à Oslo
Téléguidés d’Iran, des réseaux criminels installés en Suède puis en Norvège s’efforcent de dominer le marché scandinave de la drogue en recrutant par petites annonces des hommes de main d’un nouveau genre. Il s’agit de tout jeunes adolescents de douze, treize et quatorze ans, presque encore des enfants d’allure. Ils sont d’une détermination sans faille, d’une grande cruauté le cas échéant et opèrent partout, pour pas cher. Assassinats et jets de grenade compris. Sans autre sanction qu’un placement en institution spécialisée. La loi locale, au-dessous de quinze ans, n’autorise aucune poursuite pénale, même pour des crimes graves, comme le meurtre.
En France, l’excuse de minorité favorise la sauvagerie
En France, la loi est moins laxiste, mais un principe émis en 1945 impose de diviser par deux la peine encourue pour un crime, même très grave, « l’excuse de minorité ». Adaptée à la société d’après-guerre, elle ne l’est plus à la nôtre. Le déferlement d’assassinats que des jeunes souvent mineurs sont accusés d’avoir commis établit cette inadéquation. En voici quelques exemples : Matisse, 15 ans, assassiné à Châteauroux. Son meurtrier a bénéficié de l’excuse de minorité. Thomas, 16 ans, assassiné à Crépol. Onze suspects seront jugés devant la cour d’assises des mineurs. Benoît, 17 ans, assassiné à Dax à coups de couteau par un mineur multirécidiviste. Elias, 14 ans, assassiné à Paris, les deux prévenus sont mineurs. L’assassin de Philippine avait bénéficié de l’excuse de minorité pour un viol commis auparavant. Enfin Louis, 17 ans, attiré dans un guet-apens et lynché jusqu’à la mort par une bande où figurent plusieurs mineurs.
L’excuse de minorité conçue pour les vols de pommes
La mère de Louis a dit : « Quand on tue comme un homme, on paie comme un homme. » Cette opinion conjugue logique, justice et respect. Aller jusqu’au bout de la sauvagerie en esquivant le risque lié à ses actes fait de celui qui les commet une pauvre chose : la défense des victimes trouve ici pour corollaire de rendre aux assassins l’espoir de retrouver une dignité. Aujourd’hui les mineurs livrés à eux-mêmes dans la rue sont la proie des réseaux criminels, trafiquants et autres. On les recrute parce qu’ils ne risquent presque rien du point de vue pénal. On en fait ainsi des esclaves du crime. L’excuse de minorité conçue en 1945 pour des voleurs de pommes dans une société homogène encadrée par une police et une justice forte, une école dominante, des familles solides et l’Eglise, est aujourd’hui aussi obsolète qu’un dinosaure dans un fast food.
Changer la Constitution pour les enfants assassins
C’est pourquoi le sentiment populaire souhaite la suppression de l’excuse de minorité (77 %), suivie par deux ministres, Darmanin et même Nunez. Mais le Conseil constitutionnel a censuré en 2025 les dispositions qui visaient à s’en débarrasser, suscitant cette réaction de Gérald Darmanin : « Il faut changer la Constitution pour ça. » C’est pourquoi trois associations, l’ASLA (association de soutien aux lanceurs d’alerte), le collectif Justice pour Louis et l’Observatoire des décisions de justice, ont signé ensemble une tribune dans le JDD pour mettre fin à l’excuse de minorité pour les crimes graves, demandant au parlement de préparer une révision constitutionnelle, et, en attendant, de modifier par une loi simple la pratique judiciaire envers les mineurs en cas de crime grave, afin d’assurer une réponse pénale dès le premier acte grave, sans attendre l’irréparable. C’est le moins qu’on puisse attendre.











