La messe traditionnelle du pèlerinage “Ad Petri Sedem” interdite à Saint-Pierre de Rome, accueillie avec honneur à Sainte-Marie-Majeure

 

Le pèlerinage international « Ad Petri Sedem », lancé en action de grâce pour le Motu proprio Summorum Pontificum libéralisant la messe traditionnelle, qui connaîtra du 23 au 25 octobre prochains sa 15e édition, s’est vu refuser la possibilité de faire célébrer une messe de rite traditionnel latin en la basilique Saint-Pierre de Rome. Selon des sources proches des organisateurs du pèlerinage, c’est par une note de la secrétairerie d’Etat que les organisateurs ont été avertis de cette décision, qui rompt avec la bienveillance manifestée l’an dernier par le pape Léon XIV. En 2025, en effet, le cardinal Burke avait pu célébrer, selon le « rite plus ancien », à la Chaire de Pierre, vaste chapelle située dans le chœur de la basilique, derrière le baldaquin du Bernin. C’est toujours là que les messes du pèlerinage Ad Petri Sedem ont été célébrées lorsqu’elles ont été autorisées en la basilique Saint-Pierre.

Cela avait été interdit en 2023 et 2024 à la suite de la publication de Traditionis Custodes par le pape François, tandis que les deux années précédentes, la messe avait pu avoir lieu, mais sans célébration par un prélat. L’autorisation donnée sur demande du cardinal Burke par le pape Léon XIV lui-même avait été considérée comme un signe très positif.

L’on comprend la déception et même l’inquiétude des participants, et plus largement de ceux qui sont attachés au Vetus Ordo.

 

Refus de la messe traditionnelle à Saint-Pierre Rome, mais pourquoi ?

Quelle est la raison de ce refus ? Habituellement, c’est l’archiprêtre de la basilique Saint-Pierre de Rome qui donne ou refuse les autorisations. Et s’il est vrai que la Secrétairerie d’Etat a été impliquée dans cette affaire, on sait que le cardinal Pietro Parolin, qui est à sa tête, est personnellement hostile à la messe traditionnelle. Que la Secrétairerie d’Etat ait été à la manœuvre constitue une anomalie intrigante. Le pape Léon XIV a-t-il personnellement pris cette décision ? En fait, on n’en sait rien, même si des sources sérieuses affirmaient dès la fin du pèlerinage l’an dernier qu’il avait été irrité par le « triomphalisme » qui avait entouré la messe du pèlerinage en sa basilique et que le lobby hostile aux rites traditionnels s’en était aussi offusqué.

Par ailleurs, l’identité du célébrant, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, a pu aussi, hypothétiquement, jouer un rôle. Mgr Schneider n’a pas condamné le sacre de quatre évêques par la Fraternité Saint-Pie X contre la volonté du Saint-Père, refus exprimé par le Dicastère pour la doctrine de la foi. Il a au contraire plaidé pour la reconnaissance de ces évêques par Léon XIV tout en demandant des « amendements » à Vatican II « afin que ces textes ne soient plus ambigus ». Cela serait-il suffisant pour discréditer un évêque ?

Mais il est vrai aussi que l’an dernier, le très grand concours de pèlerins avait un peu compliqué l’organisation de la cérémonie à la chaire de Pierre.

 

Messe à l’autel papal de Sainte-Marie-Majeure : mieux qu’une consolation !

Et les pèlerins de Summorum Pontificum pourront quand même cette année entrer en procession dans la basilique Saint-Pierre pour une prière commune. Par la suite, sur proposition du cardinal Rolandas Makrickas, archiprêtre de la basilique papale de Sainte-Marie-Majeure, selon The Catholic Herald, ils se rendront en ce lieu qui fait partie des quatre grandes basiliques romaines avec Saint-Pierre, Saint-Jean-de-Latran et Saint-Paul-hors-les-murs.

L’auteur de l’article, Michael Haynes, précise que le cardinal Makrickas est ami de la messe traditionnelle et des communautés qui y sont attachées, et que la messe traditionnelle fait doucement son retour en ce haut lieu de la chrétienté.

Le fait que la messe traditionnelle soit célébrée pour Ad Petri Sedem dans une basilique pontificale, le samedi 24 octobre à 15 h, constitue donc à l’inverse un signe positif, d’autant plus vrai que c’est la nef de la basilique qui sera occupée par les pèlerins, et non une chapelle cachée au public. L’autel utilisé sera l’autel papal devant lequel est majestueusement exposée le reliquaire en cristal de roche contenant des éléments de la Sainte Crèche. Sainte-Marie-Majeure, plus important sanctuaire marial de Rome, basilique « à la romaine » du Ve siècle où l’on vénère la Vierge Marie Salus Populi Romani attribuée à saint Luc, est connue comme « le Bethléem de l’Occident ».

Elle est aussi le lieu de sépulture de huit papes, parmi lesquels François, mais aussi saint Pie V. Magnifique lieu pour prier le saint dont on a donné le nom au rite qu’il a unifié.

 

Jeanne Smits