Marine Le Pen a fait son discours de rentrée le 13 septembre à Hénin-Beaumont dans le Nord, exposant son programme pour 2027 en matière de logement. C’est un programme à la fois social, donnant plus de liberté aux bailleurs de logements comme aux chercheurs de logement, et tenant plus compte de la nationalité des locataires et de l’intérêt national. Mais précisément parce qu’il contient des points qui peuvent être dits complémentaires ou contradictoires selon le point de vue, ce programme a été attaqué tantôt comme trop libéral, tantôt trop dirigiste, et bien entendu, toujours trop « xénophobe ». Question : est-ce qu’il constitue un progrès ?
Moins de DPE, plus de liberté d’acheter et louer
Premier point, Marine Le Pen propose de supprimer les contraintes du diagnostic de performance énergétique. Cela peut faire hurler les écolos de stricte obédience, mais locataires et loueurs, acheteurs et vendeurs applaudiront à cette liberté retrouvée, le DPE étant aussi douteux que liberticide. Elle propose aussi l’accès facile à la propriété aux locataires de HLM (il existe déjà mais avec de telles conditions que seuls 11.000 logements sociaux ont été vendus en 2025 sur 5,4 millions, 0,5 pour mille), avec prise en compte dans l’apport des loyers. C’est une bonne chose, l’accès à la propriété favorisant à la fois la prospérité et la stabilité sociale.
Priorité au national pour le logement
La proposition la plus contestée est la propriété donnée aux Français pour l’accès aux HLM. Selon Marine Le Pen, 70 % des nationaux sont éligibles au parc social mais seuls 11 % en bénéficient. Par souci de cohérence, elle souhaite aussi réserver l’Aide personnelle au logement (APL), qui n’est pas aujourd’hui conditionnée à la nationalité, aux Français. Naturellement, à gauche, on pousse les habituels cris d’orfraie. Emmanuelle Cosse, présidente de la confédération des bailleurs sociaux, dénonce une « lubie xénophobe ». Il n’en est rien, c’est au contraire une proposition conforme à la morale et à l’unité nationale : la politique sociale, financée par la nation, a pour objet d’assurer la cohésion et la prospérité nationale. Il est logique d’en réserver le bénéfice, en priorité, aux nationaux.
Le Pen et le logement : un mix social libéral
En tout cas, les données citées par Marine Le Pen révèlent un déséquilibre au bénéfice des étrangers, et elles sont exactes, ayant été établies par l’Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS). Mais, du côté des libéraux, on en fait une autre lecture. « Est-ce la preuve que les nationaux ne profitent pas suffisamment du système, ou qu’un tel dispositif est, au contraire, mal ciblé et trop étendu dans ses critères ? », se demande Elodie Messeant dans Contrepoints. Elle note que le logement social ne remplit plus sa mission : selon un rapport de l’ANCOLS de 2026, la « part du parc très social » a baissé alors que le nombre des ménages sur liste d’attente a doublé. Pour elle le vrai problème est la « concurrence déloyale à l’égard des bailleurs privés ». Il faudrait donc supprimer les avantages fiscaux et financiers des HLM, qui coûtent cher à l’Etat pour rendre sa liberté au marché du logement. Waouh ! C’est peut-être l’idéal en théorie, mais dans le contexte actuel, le programme Le Pen est plus supportable par le corps social, tout en allant dans le bon sens.











