C’est en euros courants l’augmentation des dépenses de l’État en faveur de l’emploi entre 1980 et 2024, derniers chiffres disponibles : elles ne dépassaient pas dix milliards en 1980 et atteignent 193,4 milliards en 2024, près de 20 fois plus (X 5 en euros constants), soit 6,6 % du PNB. Voici comment est employé l’argent : 49% (95 Md€) pour les incitations à l’embauche (allègements de charges sur les bas salaires ) ; 26% (50 Md€) pour le soutien au revenu (allocations d’aide au retour à l’emploi) ; 15% (29 Md€) pour la formation ; 6% (12 Md€) pour les incitations à l’activité (primes d’activité, aides à la création d’entreprise…) ; 4% (7 Md€) pour l’accompagnement des demandeurs d’emploi.
Hélas cette dépense pharaonique n’a pas porté les fruits attendus et la France reste dans les mauvais élèves de l’Union européenne et le chômage (qui repart à la hausse), n’a pas vraiment baissé, ce qui tiendrait à prouver que le chômage structurel est très élevé en France – on nomme ainsi le taux de chômage corrigé des fluctuations du cycle économique. Il a très légèrement baissé de 2000 à aujourd’hui, passant de 9,25 % à 7,8 % aujourd’hui, sous l’effet des réformes limitées de l’assurance chômage, et des mesures pro-emploi de 207-18. Mais l’Allemagne dans le même temps est passé de 8,6 % à 3,4 % grâce au coup de balai donné en 2003 – 2005 par le gouvernement Schröder : diminution des charges sociales, facilitation de l’embauche à temps partiel et du travail temporaire, encouragement à l’embauche de jeunes dans les TPE ( avec un contrat moins « protecteur »), baisse de l’impôt sur le revenu, encouragement à la création d’entreprise, réduction de la période d’indemnisation des chômeurs, baisse de l’allocation chômage, diminution des possibilités de refuser un emploi. Ça n’a pas été plus cher que l’homéopathie française, et cela a beaucoup mieux marché. Mais les syndicats allemands ne sont pas politisés comme les nôtres.











