Les buts du communisme sont toujours bien en place, et on y court de plus en plus vite en France

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La John Birch Society, qui édite la revue et le site The New American, a été fondée en 1958 pour combattre le communisme alors que celui-ci sévissait de manière ostentatoire en URSS et en Chine, dans les « pays satellites » et partout où l’agitation pouvait faire progresser son emprise dans le monde. Cette année-là, lors de la réunion inaugurale, le fondateur Robert Welch détailla les objectifs du communisme en signalant qu’ils ne sont pas prioritairement économiques, mais mondialistes, visant l’abolition des frontières et une emprise absolue sur tous les aspects de la vie.

The New American vient de republier des éléments de ce discours et d’un autre, très semblable, prononcé 15 ans plus tard par le même Robert Welch, vérifiant son analyse point par point.

Si aujourd’hui The New American s’est laissé partiellement gagner par un penchant pro-Poutine comme bien des organisations et associations conservatrices, la mise au jour des points relevés par Welch et l’observation de leur mise en œuvre en ce qui concerne les Etats-Unis sont toujours aussi pertinentes. Mais on peut élargir l’exercice en les appliquant à la France et à la l’UE, que Vladimir Boukovski a qualifiée de « nouvelle URSS ».

 

Les buts du communisme : mondialisme et emprise de l’Etat

Voici les dix points tel que Welch les résumait en 1974 :

 

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Une partie de ce plan consiste bien sûr à provoquer la capitulation par étapes de la souveraineté américaine, morceau par morceau et pas à pas, au profit de diverses organisations internationales dont les Nations unies constituent l’exemple le plus marquant, mais sont loin d’être le seul. Voici donc ces objectifs pour les Etats-Unis :

Premièrement, augmenter considérablement les dépenses publiques, par tous les moyens imaginables, afin de dilapider le plus possible des quantités toujours plus importantes d’argent américain.

Deuxièmement, augmenter les impôts, puis les augmenter encore davantage.

Troisièmement, imposer un budget de plus en plus déséquilibré malgré la hausse des impôts.

Quatrièmement, provoquer une inflation galopante de notre monnaie.

Cinquièmement, instaurer un contrôle gouvernemental des prix, des salaires et des matières premières, sous prétexte de lutter contre l’inflation.

Sixièmement, renforcer considérablement les contrôles socialistes sur tous les rouages de notre économie et toutes les activités de notre vie quotidienne ; cela s’accompagnera naturellement et automatiquement de l’augmentation correspondante, et énorme, de la taille de notre bureaucratie, ainsi que du coût et de la portée de notre administration nationale.

Septièmement, centraliser toujours davantage le pouvoir à Washington et obtenir la suppression de fait des frontières entre nos Etats. Une campagne multiforme est en cours pour que nos frontières d’Etat finissent par n’avoir, au sein de la nation, pas plus d’importance que nos frontières de comtés n’en ont aujourd’hui au sein des Etats.

Huitièmement, renforcer toujours davantage l’aide fédérale et le contrôle fédéral sur notre système éducatif, conduisant à une fédéralisation complète de notre enseignement public.

Neuvièmement, faire constamment rentrer dans la conscience américaine l’horreur de la guerre moderne, les beautés et la nécessité absolue de la paix – une paix aux conditions communistes, bien sûr.

Dixièmement, la disposition qui en résulte du peuple américain à accepter les mesures d’apaisement prises par notre gouvernement, qui reviennent à une capitulation progressive du reste du monde libre et des Etats-Unis eux-mêmes.

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Welch faisait ensuite observer la progression vers ces objectifs telle qu’il la constatait aux USA. Faisons-donc le même exercice, plus de 50 ans plus tard, pour la France…

1. Les dépenses publiques. En 2025, l’INSEE en atteste, elles représentent 57,3 % du PIB (chiffres provisoires), avec une augmentation continue et rapide de ce pourcentage depuis 1960, où elles plafonnaient à moins de 36 %. La France atteint aujourd’hui en la matière le niveau le plus élevé de l’UE et de l’OCDE. La plus grosse part des dépenses concerne les retraites, la santé, le chômage et la famille, qui dépendent donc toutes de décisions et d’arbitrages de l’Etat.

2. Augmentation des impôts. Là encore la France bat quasiment tous les records avec des prélèvements obligatoires atteignant 43,9 % du PIB en 2026 et eux aussi en augmentation quasi constante (ils étaient de 43,6 % en 2025). Les ponctions en charges salariales et patronales sur un salaire net de 2.300 euros (un peu plus que le salaire médian) sont de 1.890 euros, soit 82 % du net, le patron déboursant quant à lui un total de 4.200 euros pour rémunérer son salarié. Ensuite, ce dernier paie l’impôt sur le revenu, la TVA, et les taxes de tous ordres, locales, régionales et nationales auxquelles il ne peut se soustraire, en particulier sur l’énergie et pour la « transition énergétique », sans compter le cas échéant les contributions sur les dons et les successions qui retaxent la fortune déjà taxée, et j’en passe. Ainsi restreint-on les libertés économiques par la redistribution du fruit du travail et la socialisation à outrance.

3. Que le budget devienne de plus en plus déséquilibré, cela saute aux yeux avec le vote, chaque année, d’un budget en déficit de plus en plus profond, et cela dure depuis 1974.

4. Inflation galopante ? Cela dépend des périodes, mais cette autre forme de ponctionnement des richesses est aussi spectaculaire sur le long terme : en 50 ans, depuis 1976, elle dépasse les 440 %. Certes le niveau de vie médian a augmenté, avec une progression plus rapide des bas revenus et un tassement dans l’amplitude des rémunérations des classes moyennes.

5. Contrôle des prix et des salaires : il n’est certes pas universel, loin s’en faut, mais s’exprime notamment à travers le salaire minimum, dans les prix de l’énergie, dans le domaine médical, la vente du tabac, des timbres, les tarifs des taxis…

6. Contrôle sur tous les rouages de l’économie et de la vie : ici s’inscrit le poids de l’administration avec les multiples déclarations, obligations, normes, restrictions, démantèlement progressive des droits des propriétaires immobiliers… Le mille-feuille législatif, social et fiscal joue ici un rôle de premier plan. Ne pas oublier le paroxysme du contrôle atteint au moment du covid, et la facilité avec laquelle il a été imposé.

7. Centralisation du pouvoir. Le jacobinisme franco-français garde sa force mais s’y ajoute la centralisation européenne qui fait peser les normes et les directives de l’UE dans de nombreux domaines, directement ou indirectement par transposition dans le droit national. Les normes environnementales sont particulièrement concernées, et lourdes de conséquences pour le citoyen. Pour ce qui est de la suppression de fait des frontières, elle est matériellement acquise à travers l’espace Schengen et la fédéralisation de l’UE reste un objectif ouvertement brandi par certains.

8. Emprise sur le système éducatifs : il suffit d’évoquer ici le surnom de l’Education nationale, « le Mammouth ». Poids lourd du budget, l’Education nationale pèse de tout son poids matériel mais aussi idéologique à travers la prise en charge des salaires de tous les enseignants du public mais aussi du privé sous contrat, et elle impose ses programmes orientés de manière quasi universelle, seules les écoles indépendantes, payées plein tarif par les contribuables qui financent déjà l’Education nationale par l’impôt, parvenant à se soustraire partiellement à cette emprise. Car c’est encore l’Etat qui a la main sur la validation de l’enseignement à travers les examens nationaux.

9. Pacifisme : il est moins présent aujourd’hui en France et dans l’UE qui en profite pour tenter de mettre en place un fédéralisme de la défense, avec la promotion de la dépense militaire et l’annonce de plus en plus nette d’une guerre potentielle avec la Russie. Contre celle-ci se développe certes un discours pacifiste dans certains milieux au bénéfice de cette dernière… Et il ne faut pas oublier les divers traités de libre-échange qui se mettent en place dans diverses régions du monde et en particulier à travers l’UE, espace de libre-échange en soi qui négocie bien des accords au détriment de ses habitants. Ce mondialisme se rencontre aussi dans le rôle de l’ONU et de ses Objectifs du développement et son programme politique pour 2030.

10. Pour ce qui est des mesures d’apaisement plus facilement acceptées par la population, elles se traduisent par tout ce qui réduit les droits souverains des Etats, et se manifestent dans le droit de la santé, avec le rôle de l’OMS, l’inflation des normes imposées dans le domaine économique et énergétique, le poids des juridictions internationales…

 

Bien des buts du communisme se sont déjà imposés en France

Cependant, cinquante ans après la définition de ces objectifs, il convient d’en ajouter quelques autres. L’emprise d’une nouvelle anti-morale LGBT et hostile à la vie s’accroît avec les progrès de l’idéologie du genre, en même temps que le « changement climatique » sert de vecteur à des manipulations qui aboutissent à la crise du logement (elle est très loin de se limiter à la France), à la dénatalité tous azimuts, à la dépendance toujours croissante vis-à-vis de l’Etat.

Ajoutez-y le poids croissant de l’IA et le tableau s’assombrit encore : on parle de plus en plus d’un revenu universel pour compenser la perte des emplois remplacés par l’intelligence artificielle, c’est l’aboutissement de l’Etat-providence couplé avec les moyens de contrôle et de surveillance inédits qu’offre l’IA, outil de choix de toute forme de tyrannie.

 

Jeanne Smits