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Le A-level, baccalauréat britannique, perd des candidats en anglais et histoire et voit les garçons surpasser les filles

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Célébration des résultats du A-level, à l’école King Edward VI
à Bury St Edmunds.


 
Les résultats de l’examen du cycle secondaire en Angleterre, le « advanced level » ou A-level, cette année sont très instructifs. Ils montrent à la fois une allergie des jeunes aux nouvelles épreuves plus rigoureuses d’anglais et d’histoire de ce baccalauréat britannique, matières pourtant essentielles, et un nouveau contraste entre garçons et filles, les premiers réussissant à surpasser les secondes pour la première fois depuis une vingtaine d’années grâce à la priorité donnée à l’examen final et aux mathématiques. Dans le système britannique, l’élève choisit en général quatre matières pour obtenir des crédits nécessaires au diplôme.
 

Anglais et histoire plus difficiles au baccalauréat britannique ? Chute immédiate du nombre de candidats

 
D’abord, le refus de la difficulté : les quelques 828.355 élèves reçus se sont détournés de l’anglais (-7,2 %) et de l’histoire (-8,1 %), deux matières repensées dans le sens d’une plus grande rigueur. Le nombre des candidats qui ont choisi ces matières a brutalement chuté cette année, au bénéfice de la science politique (+12,8 %), de l’économie (+6,4 %) et de la géographie (+ 4%), matières sur lesquelles les programmes sont restés de même niveau cette année. Au final, les mathématiques sont la matière la plus choisie cette année, la biologie arrivant en deuxième place.
 
Ce résultat met en cause le phasage de la réforme du A-level en Angleterre, les établissements dissuadant les élèves, surtout les plus faibles, ce choisir les matières dont le niveau a été relevé. Au total, 26,3 % des candidats ont obtenu un A ou un A* cette année, notes maximales sur une échelle de 5, contre 25,8 % en 2016, renversant une tendance à la baisse depuis 2010, quand 27 % des candidats avaient obtenu ces notes. Le nombre de candidats ayant obtenu A ou A* a baissé de 1 % par rapport à 2016, niveau le plus bas depuis 2008.
 

Sir Anthony Seldon : « Les matières essentielles sont sacrifiées »

 
Pour Sir Anthony Seldon, vice-chancelier de l’Université de Buckingham, la chute du nombre d’étudiants ayant choisi les épreuves d’anglais et d’histoire « est la conséquence involontaire mais très inquiétante » de la réforme de l’examen. « Tous les établissements sont rationnels et donnent la priorité aux parcours qui facilitent l’obtention de l’examen final, mais les matières essentielles sont sacrifiées », déplore-t-il. De fait, langue maternelle et histoire sont des piliers de l’identité d’un peuple.
 
Au ministère de l’Education, on se rassure : « L’anglais reste la matière la plus concourue et l’histoire reste à un niveau élevé, à plus de 50.000 candidats cette année. Les nouvelles qualifications, qui ont été réformées pour préparer les élèves aux études universitaires, conservent le même niveau élevé que celles qu’elles ont remplacées ».
 

Les garçons surpassent les filles pour la première fois depuis 1999 dans le A-level

 
Deuxième point fort de ce baccalauréat britannique édition 2017 : les garçons pour la première fois depuis une vingtaine d’années, ont battu les filles, obtenant plus de notes maximales que les filles au A-level. Les premiers ont obtenu, pour la première fois depuis 1999, une avance sur les secondes avec 0,5 point de pourcentage de plus pour les notes A et A*. L’écart s’était réduit ces dernières années mais en 2016 les filles conservaient une avance de 0,3 point sur les garçons.
 
Il convient de noter qu’une réforme de la certification A-level, qui s’obtenait sur deux années, a été réalisée : les notes de travail en cours d’année ont été supprimées du processus, et les niveaux A obtenus à la fin de la première année ne sont plus pris en compte. Cela signifie que la totalité du résultat dépend de la performance pendant l’examen à la fin des deux années d’enseignement, excluant ainsi le contrôle continu.
 

La priorité donnée à l’examen final favorise les garçons, plus dynamiques sur les efforts ponctuels

 
Or les garçons sont reconnus comme meilleurs pour potasser leurs examens, avec un comportement plus dynamique sur les efforts ponctuels, les filles étant généralement meilleures dans le travail sur la durée. Le contenu des 13 sujets issus de la première vague de réforme de l’examen est par ailleurs considéré comme plus favorable aux garçons, avec un programme plus riche en mathématiques pour des matières scientifiques telles que la biologie. C’est précisément sur ces 13 sujets que la différence filles-garçons s’est le plus réduite, à égalité avec 24,3 % de A et A* contre une différence de 0,9 point en faveur des filles l’an dernier. Une preuve supplémentaire des spécificités innées de chacun des deux sexes.
 

Matthieu Lenoir