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A quoi sert François Hollande ?

sert François Hollande
 
Peut-être – restons prudents… – vous êtes-vous déjà posé la question de savoir, dans la période de crise et de chaos qui est la nôtre, à quoi pouvait bien servir François Hollande ? Peut-être même y avez-vous, avec plus ou moins d’agacement, répondu ? Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas ici de l’humeur d’un de ses opposants, ou de propos de comptoir, mais bien d’un sujet d’examen. Un professeur, parmi les sujets proposés, a, ni plus ni moins, demandé à ses étudiants, le 28 avril dernier, à quoi sert François Hollande.
 
Manifestement, les étudiants de première année de droit à la faculté d’Angoulême – La Couronne ne s’attendaient guère à cette question pour leur devoir de droit constitutionnel, sur laquelle certains d’entre eux – ceux du moins qui l’avaient choisi – ont planché trois heures.
 

De l’impopularité de François Hollande

 
Nos confrères de La Charente Libre rapportent le fait après qu’un étudiant a décidé de publier, le 11 mai, soit près de deux semaines plus tard, une photo des sujets sur la page Facebook « Bordel de droit » lundi. Car la question a, comme il était prévisible, provoqué l’hilarité des potaches.
 
« On a vraiment tous été surpris, les sujets n’ont jamais été formulés comme cela », raconte Mélanie dans les colonnes du quotidien. Marie renchérit : « Personnellement je m’attendais à tous les sujets, mais pas à celui-là. » Le deuxième sujet proposé à leur attention était d’ailleurs beaucoup plus classique puisqu’il demandait aux étudiants de réfléchir au « rôle du Conseil constitutionnel dans la formation du bloc de constitutionnalité ».
 
Personne, d’ailleurs, des étudiants aux responsables d’académie, ne semble avoir examiné le sujet « Hollande » sous l’angle sérieux, qui aurait consisté à s’interroger sur le rôle effectif du chef de l’Etat en une époque où il ressemble de plus en plus à un VRP portant ici et là la parole Bruxelloise.
 
On comprend que, en première année de fac, les jeunes gens et jeunes filles concernés aient plutôt envisagé le caractère amusant de l’affaire – ce qui ne signifie pas, ou du moins personne ne le précise, que ceux qui l’ont choisi se soient permis de le traiter dans ce sens. On aimerait pouvoir le vérifier…
 

A quoi sert, effectivement, le président de la République ?

 
Mais, quoi qu’il en soit de ces éventuelles copies, l’humour (involontaire ?) de l’affaire semble avoir totalement échappé aux autorités académiques qui ont réagi comme s’il s’agissait de rien d’autre que d’un crime de lèse-majesté. Il est vrai que l’actualité sondagière tend sans doute à donner, sur le sujet, des sueurs froides au chef de l’Etat !
 
Ainsi le doyen de la faculté de Poitiers – dont dépend La Couronne – un certain Philippe Lagrange, a-t-il tenu à s’expliquer sur les ondes pour affirmer qu’il s’agissait avant tout d’une « maladresse de formulation, peut-être d’une erreur de jeunesse », la question ayant été rédigée par un jeune professeur.
 
Il ajoute même : « Il n’y a pas d’affaire, les étudiants ne se sont pas plaints, ce collègue n’est pas hostile au Président et se garderait bien de porter quelque jugement que ce soit sur son action. » Le doyen se demande d’ailleurs si l’enseignant n’a pas voulu « attirer l’intérêt des étudiants et leur montrer que même si on est dans un cadre particulier, il faut garder un certain sens de l’humour ».
 
Mais faut-il que le pouvoir républicain soit bien décati, et les autorités académiques bien inquiètes pour leur situation, pour qu’un tel sujet soit ainsi devenu une « affaire »…
 

François le Luc