Le cardinal Carlos Aguiar Retes, archevêque de Mexico et primat du Mexique, a participé lundi à une réunion extraordinaire de la Commission pour la béatification d’Isabelle la Catholique, reine de Castille au moment des grandes découvertes et de la fin de la présence musulmane en Espagne au XVe siècle. Etaient également présents lors de cet événement qui s’est tenu à Valladolid l’évêque auxiliaire du cardinal, le père augustin Francisco Javier Acero, ainsi que le secrétaire exécutif de la conférence épiscopale du Mexique, le père Eduardo Aguiar. Tous trois ont souligné la sainteté de vie de la reine et son engagement en faveur des droits humains en Amérique.
Il est à noter que la rencontre s’est déroulée dans le cadre de la Neuvaine intercontinentale « Guadalupana » de préparation à l’anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Guadalupe, au Mexique, en 2031 : elle a été lancée en décembre 2022.
Le cardinal Aguiar du Mexique a étudié la vie d’Isabelle la Catholique
Ce rapprochement entre cette reine de la terre et Notre-Dame de Guadalupe, Impératrice des Amériques, mais aussi et surtout Mère de Dieu et Reine du Ciel, donne une nouvelle impulsion à la cause de béatification qui a rencontré, jusqu’ici, quelque opposition à Rome et ailleurs.
Historiquement, les apparitions de la Vierge de Guadalupe sont intervenues pour soutenir – et avec quel éclat – les efforts d’évangélisation de la mission franciscaine envoyée précisément par Isabelle la Catholique vers ses nouvelles terres du Mexique pour convertir les indigènes.
Il faut croire que dans les milieux ecclésiastiques, les objections contre la canonisation de cette femme au destin humain et politique extraordinaire ne font plus le poids. Ainsi, l’archevêque de Valladolid et président de la Conférence épiscopale espagnole, Mgr Luis Argüello García, a-t-il lui aussi assisté à la réunion, entouré de nombreux membres de la Commission.
Isabelle et Notre Dame de Guadalupe : le moment de la béatification est venu
Le cardinal Aguiar a déclaré qu’il avait depuis longtemps étudié de nombreux écrits au sujet de la reine Isabelle, qui lui avaient donné une « claire conviction » sur la sainteté de vie radicale de la reine et sur la nécessité de voir cette sainteté reconnue.
« Exiger en son temps que les natifs des terres neuves aient les mêmes droits que les habitants des villes d’Espagne fut un événement historique, tout comme le fut la reconnaissance que tout être humain doit être un frère pour autrui », a-t-il déclaré, faisant référence à la Real Cédula de 1503 et d’autres édits de la reine. Il a fait particulièrement mention de la « spiritualité » propre de la souveraine.
L’archevêque de Mexico a souligné qu’« à une époque d’épuisement des politiques qui, tant en Amérique qu’ailleurs, ne répondent pas aux besoins du peuple, promouvoir la cause de la reine Isabelle signifie promouvoir la cause d’une femme, d’une responsable politique, qui a œuvré pour le bien de son peuple, pour ce dont son peuple avait besoin, d’un côté et de l’autre de l’Atlantique ».
Mgr Arguello, quant à lui, insista sur le fait qu’au centre de la vie d’Isabelle, qui fut personnellement celle qui rendit possible l’arrivée de l’Evangile dans ces terres lointaines ; se trouvait la fidélité au Seigneur et à la mission de l’Eglise. Il a notamment déclaré : « L’importance de l’évangélisation l’a menée à concevoir un projet d’unité, y compris celle de l’Espagne, fondée sur la foi commune. »











