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L’Allemagne critique les taux négatifs de la BCE

L’Allemagne critique les taux négatifs de la BCE Commerzbank

 
L’Allemagne ne ménage plus ses critiques à la Banque Centrale européenne (BCE) depuis, notamment, que la Commerzbank, deuxième banque privée du pays, a annoncé vouloir faire payer ses clients qui stockent dix millions d’euros (ou plus…) sur leurs comptes à vue – en général, des institutionnels ou de grandes entreprises. Une conséquence directe de la décision prise en juin par la BCE de pratiquer des taux négatifs, « punitifs » selon les media locaux, à l’encontre des établissements bancaires qui laissent reposer de l’argent dans ses coffres, au détriment, estime l’institution européenne, de la bonne économie de l’Union. La Commerzbank ne fait donc que répercuter une telle décision.
 
Une décision d’autant plus difficile à digérer que l’épargne, chez nos voisins d’outre-Rhin, est considérée comme une vertu essentielle. L’Allemagne connaît, en effet, le taux d’épargne annuel le plus élevé d’Europe. « Un tabou a été brisé », titrait, en conséquence, la chaine d’information continue n-tv.
 

Critique générale contre la BCE

 
Depuis cet été, la BCE a donc abaissé son « taux de dépôt marginal », appliqué aux dépôts faits chez elle par les institutions bancaires pour 24 heures, à – 0,10 %, et même à – 0,20 % depuis le mois de septembre.
 
Faire circuler l’argent ! Tel est le principe, et la pratique que la Banque européenne veut employer pour encourager l’investissement. Les Allemands n’y croient pas. Le directeur de la Chambre de commerce et d’industrie allemande, Martin Wansleben, l’a clairement souligné : « Au lieu de mener à des investissements, la politique de taux négatifs de la BCE conduit à accroître la charge sur l’économie. »
 

Les taux négatifs, une exception de la Commerzbank ?

 
Bien sûr, on nous assure la main sur le cœur que cette pratique développée par Commerzbank est ponctuelle, et que les autres banques européennes ne devraient pas lui emboîter le pas. Comme on avait promis, il y a dix-huit mois, aux Chypriotes, qu’une éventuelle ponction sur leur épargne relevait du fantasme…
 
D’ailleurs, la fédération des banques privées allemandes, qui assure que « la forte concurrence des instituts de crédits plaide contre l’idée de taux négatifs dans la banque de détail », reconnaît cependant que « les taux relèvent de la politique individuelle de chaque institut ». Autrement dit, chaque banque fera bien payer ses clients si elle le souhaite !
 

L’Allemagne dénonce l’échec d’une politique européenne

 
Président de la Fédération allemande des entreprises familiales, Lutz Goebel porte sur cette situation un jugement sans faiblesse : « Les taux punitifs sont l’aboutissement d’une politique monétaire en échec, qui a conduit depuis le début de la crise à rendre de moins en moins attractive l’épargne. »
 
Une critique contre la politique européenne qui sonne aussi comme un avertissement à l’adresse des petits épargnants européens…