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Animaux nuisibles : le Conseil d’Etat retoque le ministre de l’environnement


 
Déjà en vedette sur l’affaire Vincent Lambert, le Conseil d’Etat a statué sur le classement des animaux nuisibles. En retoquant un arrêté du ministère de l’environnement datant de 2012. Plusieurs nuisibles traditionnels ne le seront plus dans certains départements. Si les grands corps de l’Etat passent leur temps sur de tels dossiers, c’est qu’il y a une raison.
Jadis le classement des animaux nuisibles se faisait par département, le préfet prenant sa décision selon les circonstances locales. L’écologisme, qui prône en principe la subsidiarité, a exigé en fait une centralisation du pouvoir, et c’est le gouvernement qui tranche désormais. Tout en étant soumis à une stricte surveillance. En juillet 2012, il avait dressé une liste qui avait force de loi pour trois ans.
 

Le Conseil d’Etat censure le ministre de l’environnement

 
Mais des associations vertes l’ont attaqué devant le Conseil d’Etat et le jugement est tombé : la corneille, la pie, le geai, la martre, la fouine et la belette ne seront plus des animaux nuisibles dans quelques départements tels l’Aube ou le Calvados, même s’ils le restent dans les autres, ce qui va simplifier les choses.
Aujourd’hui le classement se fait « dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publique, pour assurer la protection de la flore et de la faune ou pour prévenir des dommages importants aux activités important aux activités agricoles, forestières et aquacoles ». Autrement dit la bête du Gévaudan serait probablement toujours tenue pour nuisible, et les sauterelles de l’Ecriture aussi. Mais il y a des cas plus difficiles. Quid des cormorans sur un lac où l’on élève du poisson. Ou du loup dans les estives ? Et des pies qui mangent les œufs de perdrix ? On entre là dans une chaîne de contradictions sans fin dont le Conseil d’Etat fait ses choux gras, et qui fait progresser le gouvernement des juges, lequel étend chaque jour un peu plus, et dans tous les domaines, sa tutelle sur l’exécutif. Dès juillet 2015 le ministère de l’environnement devra argumenter chiffres à l’appui, sur la population de chaque espèce dans chaque département et sur les dégâts provoqués. En attendant, la corneille est protégée dans deux départements et chassée dans tous les autres. Tels sont les mystères de l’écologisme.
 

Il n’y a plus d’animaux nuisibles, il y a l’unité du vivant

Mais le plus grave n’est pas là. Le plus inquiétant est que le Conseil d’Etat semble s’être rendu à l’argumentation d’un des plaignants, Christophe Aubel, directeur de Humanité et Biodiversité, pour qui l’homme est un facteur de déséquilibre et de réduction de la diversité des espèces. Selon lui, « le concept d’animal nuisible est dépassé. Il n’a pas de sens du point de vue de la biologie moderne. Toutes les espèces ont un rôle utile dans les différents écosystèmes.  »
Au moment même où l’écologisme gonfle l’importance de l’homme par la notion d’anthropocène, qui en fait un titan semblables aux éléments et capable de changer le climat, il en réduit l’importance morale : l’être humain n’est plus la mesure de toute chose, mais un simple maillon dans la chaîne du vivant, qu’il n’a plus le droit de décrire et classer selon son intérêt. De sorte que l’homme n’est plus le roi de la création. Les conséquences en apparaissent clairement. On ne chasse plus le frelon asiatique que parce qu’il nuit aux abeilles, donc à la pollinisation. Et on ne doit toucher ni aux vipères, ni aux requins, ni aux moustiques porteur de chicungunya ou de malaria ni à la variole, qui tous présentent l’immense avantage écologiste de réduire la croissance du troupeau des grands prédateurs. Au fond le seul véritable nuisible est l’homme.