L’argent public des syndicats engraisse sa gestionnaire

argent public syndicats gestionnaire
 

Connaissez-vous l’AGFPN, l’association de gestion du Fonds paritaire national ? Sous ce libellé en langue de bois véritable se cache une poignée de salariés dont la fonction est de distribuer aux syndicats reconnus les quelques 162 millions d‘euros d‘argent public qu’ils perçoivent, constitués d’une contribution patronale de 0,016 % assise sur la masse salariale (119,9 millions d’euros en 2024), d’une subvention directe de l’Etat (34,7 millions d’euros en 2024) et d’une contribution propre au secteur du bâtiment (7,8 millions d’euros en 2024). L’AGFPN ne contrôle nullement les millions qu’elle verse, son travail et sa responsabilité sont minces, mais sa « déléguée générale », recrutée à 136.000 euros brut par an en 2016, touche désormais, grâce à une montée en grade opportune, une convention collective taillée sur mesure et des primes « exceptionnelles » la somme de 200.000 annuels. La Cour des comptes, dans un rapport de 2024, estime ce traitement « pas en rapport avec les responsabilités effectives assumées ». Le ministère du Travail n’a pas souhaité répondre aux questions du Canard enchaîné, qui a soulevé l’affaire. Au moment où l’on cherche des économies, cela fait désordre.