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L’or et l’argent monnaies légales en Arizona ?

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Depuis le 3 août, l’or et l’argent ont le statut de monnaie légale pour le calcul de l’actif disponible des sociétés fiduciaires dans l’Etat d’Arizona aux Etats-Unis. C’est le résultat de l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi redéfinissant les notions de monnaie légale et d’avoirs liquides. Le site The New American, favorable au retour à l’étalon-or, vante la mesure, estimant qu’il s’agit d’un premier pas dans cette direction.
 

Un premier pas vers le rétablissement de la monnaie réelle en Arizona

 
En Arizona, explique-t-il, la loi exige des sociétés fiduciaires qu’elles aient au moins un demi-million de dollars de disponibilités liquides pour pouvoir opérer. Depuis le 3 août, ces sociétés peuvent inclure leurs réserves d’or et d’argent dans le calcul des liquidités en leur possession. Le projet de loi avait été proposé en 2013 à la chambre des représentants de l’Etat par Mark Finchem « qui se décrit lui-même comme “constitutionnaliste” et en tant qu’“homme qui se consacre d’abord à servir Dieu puis les droits de l’homme” », écrit le New American.
 
Mark Finchem explique que sa loi renforcera les réserves d’actifs immobilisés des sociétés fiduciaires de l’Arizona, sachant que le système américain de garantie des dépôts n’assure que les montants jusqu’à 250.000 dollars et que les remboursements peuvent prendre jusqu’à 99 ans sous le régime de la loi fédérale. La nouvelle loi facilitera la constitution de dépôts en monnaie réelle sans avoir à les convertir en monnaie fiduciaire puis en argent électronique.
 
La nouvelle définition de la monnaie légale adoptée par le parlement de l’Etat d’Arizona permet d’utiliser les pièces d’or et d’argent « pour le paiement des dettes, des taxes, impôts et charges » sans remettre en cause le statut des billets de banque.
 

La monnaie de papier pose un problème de démocratie à cause du pouvoir de la Réserve fédérale, non élue

 
Pour l’auteur du New American, il est en réalité contraire à la constitution des Etats-Unis d’utiliser la monnaie de papier, ainsi que le permet une loi du Congrès qui a créé la Réserve fédérale en 1913. Et l’auteur de citer le paragraphe 10 de l’article 1 de la constitution américaine selon lequel « Aucun Etat ne doit conférer à autre chose qu’aux pièces d’or et d’argent le statut de monnaie légale pour le paiement des dettes ». Depuis 1913 néanmoins, les dettes des Etats de la fédération américaine peuvent être remboursées avec les billets imprimés par la Réserve fédérale et avec les pièces désormais dénuées de tout métal précieux frappées par le Trésor. Ces deux moyens de paiement n’ayant aucune valeur intrinsèque, leur valeur est à la merci des politiques inflationnistes ou déflationnistes de la Réserve fédérale. De fait, depuis la création de la Fed en 1913, le dollar a perdu 96 % de sa valeur.
 
Cela pose aussi un problème de démocratie, reproche le New American au système qui s’appuie sur la Réserve fédérale, car cette dernière détient, avec son monopole de la planche à billets, un énorme pouvoir hors de tout contrôle démocratique. Thomas Jefferson, un des pères de l’indépendance américaine, avait lancé en 1813 cet avertissement ignoré par le Congrès un siècle plus tard : « La monnaie de papier est sujette aux abus, et elle a été, est et sera toujours l’objet d’abus dans tous les pays où elle est autorisée. »
 

Au moins vingt Etats envisagent de rétablir sous une forme ou sous une autre le statut de monnaie légale de l’or et de l’argent

 
La nouvelle loi adoptée en Arizona fait suite à une autre loi entrée en vigueur l’année dernière et qui a supprimé la taxation des revenus issus de l’achat et de la vente d’or et d’argent, ce qui était déjà un premier pas vers la reconnaissance du statut de monnaie de ces deux métaux précieux. Selon le New American qui se prononce aussi pour l’abolition de la Réserve fédérale, il y a actuellement 20 Etats américains qui envisagent sous une forme ou sous une autre de rétablir le statut de l’or et de l’argent. Et de conclure : « Ces efforts pourraient faire revenir les jours où la monnaie valait vraiment quelque chose et où les Etats étaient davantage que de simples subdivisions administratives du gouvernement fédéral. »
 

Olivier Bault