Mgr Fulton Sheen, connu pour son œuvre d’évangélisation par la voie de la radio, puis de la télévision où il fit figure de pionnier, sera prochainement béatifié alors que les derniers obstacles intervenus après la reconnaissance, en 2019, d’un miracle obtenu par son intercession ont été levés. C’est ce qu’a annoncé le diocèse de Peoria (IIlinois). Connu pour son émission « La vie vaut la peine d’être vécue » qui attirait plus de 30 millions de spectateurs chaque semaine, il associait une personnalité « magnétique » à son profond désir de faire connaître Jésus, sa Mère immaculée et la sainte Eglise. Son talent médiatique devait lui valoir un Emmy Award comme « personnalité télévisuelle la plus remarquable » en 1953, à l’âge de 58 ans ; il mourut en 1979, non sans avoir été nommé évêque de Rochester dans l’Etat de New York, qui fut son siège épiscopal de 1966 à 1969, après quinze ans comme évêque auxiliaire de New York.
Mgr Louis Tylka, de Peoria, diocèse de naissance et d’ordination du futur béatifié, a souligné combien il admirait lui-même la figure de Fulton Sheen dont le travail missionnaire était « enraciné dans sa profonde dévotion envers la Très Sainte Vierge et l’Eucharistie ».
La béatification de Fulton Sheen n’est plus qu’une affaire de date
Le miracle ouvrant la voie à la béatification de Fulton Sheen – un parmi de nombreux qui lui ont été attribués – s’est produit en 2010 à l’occasion de la naissance d’un enfant mort-né chez Bonnie et Travis Engstrom : le bébé fut transféré d’urgence à l’hôpital pour y recevoir des traitements de pointe mais ne montra aucun signe de vie pendant 61 minutes. Pendant ce temps les parents suppliaient Fulton Sheen pour la vie de leur petit James Fulton, appelé ainsi en l’honneur de l’évêque. C’est au moment où les médecins allaient constater la mort de l’enfant que le cœur de celui-ci, inexplicablement, commença à battre, et qu’il commença à respirer. Alors que l’équipe médicale assurait les parents que leur bébé avait certainement subi des dommages irréversibles, avec à la clef une mort rapide ou des handicaps profonds, la suite devait montrer qu’il n’en était rien, et le petit James a pu rentrer chez lui en l’espace de quelques semaines et s’est développé normalement et en pleine santé.
Fulton Sheen lui-même est connu pour sa dévotion mariale – la récitation du chapelet était un rendez-vous quotidien dans sa famille, et il a énormément prêché au sujet de la Mère de Dieu en l’honorant du titre de Médiatrice de toutes les grâces.
Connu pour son patriotisme, Mgr Fulton Sheen écrivit en 1941, au moment où les Etats-Unis faisaient leur entrée dans la Seconde Guerre mondiale : « La Déclaration d’indépendance, je le répète, est une déclaration de dépendance. Nous sommes indépendants des dictateurs parce que nous dépendons de Dieu. Dieu est le facteur indispensable à notre salut. Par conséquent, il doit être au centre de nos vies. Ses voies doivent imprégner tous les aspects et tous les domaines de nos vies : l’éducation, l’emploi, les loisirs, le deuil, la vie sociale, etc. Tout se fait sous le regard du Seigneur tout-puissant, et tout ce que nous faisons doit refléter cette connaissance. Chacune de nos interactions doit être remplie de l’amour de notre Sauveur. »
Fulton Sheen a combattu le communisme à la demande de Pie XI
Grand anti-communiste devant l’Eternel – c’est Pie XI qui en 1935 lui demanda de parler contre le communisme – il considérait le communisme comme une religion, et comme « le charognard des civilisations en voie de décomposition » qui « pourrissaient déjà de l’intérieur » : « La manière juste de considérer le communisme est d’y voir un jugement de Dieu. » Un de ses plus grands livres est d’ailleurs Communism and the conscience of the West où il dénonce, du point de vue économique et spirituel, aussi bien le socialisme que le communisme.
Son premier livre, publié en 1925 sous le titre God and Intelligence in Modern Philosophy, bénéficia d’une introduction de G.K. Chesterton.
Prédicateur de la mission et du rosaire, il versait tous les revenus qu’il obtenait de ses prestations médiatiques ou en droits d’auteur à de nombreuses œuvres pour les nécessiteux, en particulier pour les communautés noires pauvres aux Etats-Unis.
On ne compte pas les convertis ou les « recommençants » qui durent leur adhésion ou leur retour à la foi catholique aux paroles de Fulton Sheen ; parmi eux, un lépreux sans-abri et sans foi qu’il prit en pitié et amitié. Non content de lui trouver un logement, il l’invitait régulièrement à dîner chez lui : « Paul Scott » devait finir par se convertir devant tant de bonté.
Mgr Fulton Sheen resta fidèle toute sa vie à l’Heure sainte quotidienne devant le Saint-Sacrement, un rendez-vous qu’il ne devait jamais manquer. C’était son conseil récurrent : « Vous aurez à livrer de nombreuses batailles, mais vous gagnerez la guerre devant le Saint-Sacrement. »











