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Le bouddhisme, fondement d’une forme précoce de la mondialisation selon le président de l’Inde

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Président de l’Inde depuis 2017, Ram Nath Kovind remplit une fonction essentiellement honorifique mais il est aussi en quelque sorte l’autorité morale qui cimente le sous-continent. C’est ès-qualités qu’il a participé à la quatrième conférence internationale Dharma-Dhamma à Rajgir dans l’Etat du Bihar cette semaine, pour réfléchir à l’enseignement de Bouddha désigné par ces deux mots dans les différentes traditions de cette religion païenne. Ram Nath Kovind, lui-même issu de la caste des intouchables, a déclaré à cette occasion que le bouddhisme constitue le fondement d’une forme précoce de la mondialisation, assurant en outre l’« interconnexion » du continent asiatique.
 
Le bouddhisme constitue ainsi selon le président indien la racine partagée par l’ensemble des pays de l’ASEAN (l’Association des pays de l’Asie du Sud-Est) et de l’Inde qui fêtent traditionnellement au mois de janvier leur relation commune. Héritage spirituel et système de connaissance unique, le bouddhisme cherche à être mieux connu à travers les conférences Dharma-Dhamma qui permettent selon le président Kovind de montrer comment ces divers enseignements bouddhiques « guident vers la même vérité ».
 

Ram Nath Kovind, président de l’Inde et chantre du bouddhisme

 
On retrouve dans les remarques du président, exprimant officiellement le point de vue d’une des plus puissantes nations du monde – et des mieux cotées dans les milieux globalistes – un trait omniprésent dans le syncrétisme contemporain. Selon lui, les traditions du Dharma et du Dhamma « mettent l’accent sur les voies nombreuses, plutôt qu’une voie unique, qui nous conduisent vers le but recherché ».
 
Voilà qui est aux antipodes de la réalité centrale du christianisme : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie. »
 
Le bouddhisme a une influence qui perdure, selon Kovind. « On estime que plus de la moitié de la population actuelle du monde vit dans des régions qui ont été historiquement influencées – et qui dans de nombreux cas continuent de l’être – par l’illumination atteinte par le Seigneur Bouddha et qu’il a placée devant l’humanité comme un modèle. Tel est le fil qui nous relie tous. C’est également la vision qui doit nous inspirer au XXIe siècle. Voilà ce qui a été décrit en vérité comme la Lumière de l’Asie », a-t-il dit.
 

Le bouddhisme comme fondement de la mondialisation et du syncrétisme religieux

 
En ce sens, la diplomatie orientale de l’Inde devrait se juger à cette aune, selon le haut dignitaire indien qui s’exprimait devant un parterre de responsables politiques et universitaires de premier plan. L’East Act Policy « est bien plus qu’une initiative diplomatique », a-t-il dit : « Elle ne vise pas seulement à faire croître le échanges commerciaux et les investissements – il s’agit de réaliser l’intégration des rêves et des espoirs des centaines de millions de personnes vivant en Inde et en Asie du Sud-Est. Et dans d’autres parties de l’Asie recouverte de l’empreinte du Dharma-Dhamma. »
 
C’est une sorte d’hégémonie bouddhique qui se dessine, et qu’il faut mettre en relation avec son extension discrète vers l’Occident, à travers la méditation pleine conscience, omniprésente aujourd’hui sous l’appellation du mindfulness aussi bien dans les entreprises que dans les écoles, et dont les racines et les techniques sont intégralement bouddhiques.
 

Anne Dolhein