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Brett Kavanaugh, nommé par Trump à la Cour suprême : un homme de l’« Etablissement » ?

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Nous évoquions il y a quelques jours les questions ouvertes à propos de la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême des Etats-Unis : ce catholique pratiquant a sans doute de bons côtés, qui laissent espérer un possible infléchissement de la politique de gauche, notamment sur le plan sociétal, imposée par le « gouvernement des juges », mais nombre de ses décisions passées laissent penser qu’il n’est pas si clair sur les questions du fédéralisme, de la liberté de conscience et de la liberté du marché. Au point que certains se demandent s’il n’est pas véritable un homme de « l’établissement », cet « Etat profond » ou « Deep State » que Trump avait promis d’attaquer en « nettoyant le marécage ».
 
On revient bien sûr sur la proximité exceptionnelle de Brett Kavanaugh avec la famille Bush, déjà signalée dans nos colonnes.
 

Brett Kavanaugh, proche de l’« Etablissement », favorable à l’ObamaCare

 
Pour ce qui est de l’ObamaCare – grosse pomme de discorde entre les électeurs de Donald Trump et les partis établis – Kavanaugh a jugé en faveur de la constitutionnalité du plan de santé universel mise en place sous le plus marxiste des présidents américains. Pour le juge, qui avait eu à le connaître en tant que juge d’appel à Washington DC, la mise en place des innombrables textes créant l’ObamaCare pouvait « bien cadrer avec les compétences constitutionnelles du Congrès ». Il n’avait certes pas dit que dans son état actuel, l’ObamaCare était irréprochable, mais il ne relevait qu’un élément de la clause de taxation comme potentiellement problématique, et encore, de manière « relativement modeste ».
 
« Avec de telles déclarations, il semblerait que l’espoir de voir Brett Kavanaugh nettoyer le marécages demeure “relativement modeste” lui aussi », commente The New American.
 
Andrew Napolitano, ancien magistrat lui-même, professeur de droit et commentateur fréquent chez Fox News, s’est dit quant à lui déçu par la nomination de Kavanaugh. « Le président me déçoit car ce n’est pas le type d’homme qu’il avait promis de choisir. Le juge Gorsuch, lui, l’était bel et bien. Cette personne est au cœur même de cet Establishment de Washington DC dénoncé par le Président », a-t-il commenté lors d’un entretien sur Fox and Friends.
 

Trump nomme à la Cour suprême un homme de l’« Etablissement »

 
Les qualités professionnelles de Brett Kavanaugh sont de celles qui peuvent être déterminantes pour faire approuver sa nomination, et ce d’autant qu’il jouit du respect des conservateurs de Washington, note pour sa part American Conservative, qui voit en lui un homme « acceptable » par la « base Breitbart » de l’électorat de Donald Trump en même temps qu’il saura apaiser les caciques politiques.
 
Mais c’est inquiétant en soi. Il est à noter que dans le domaine de la surveillance, Brett Kavanaugh a rendu plusieurs décisions favorables à une politique de Big Brother. Il a donné une opinion favorable à une décision de la cour de Washington qui a refusé d’examiner un appel contre un jugement favorable à la collecte de métadonnées par le gouvernement sans mandat, décision pourtant évidemment anticonstitutionnelle.
 
Reconnaissant qu’il s’agit bien de recherches sans soupçons directs à l’égard d’une personne, le juge avait estimé que le gouvernement fédéral avait apporté la preuve de « besoins spéciaux » lui permettant de sortir du cadre normal d’action et de faire des intrusions sur la liberté individuelle.
 

Brett Kavanaugh, Trump et le marécage

 
Dans la même veine, Kavanaugh s’est dit favorable à l’immunité présidentielle, fait qui choque grandement outre-Atlantique. Son argument ? On aurait pu arrêter Oussama Bin Laden bien avant les attaques du 11 septembre 2001 si Bill Clinton avait pu se consacrer à la lutte contre le terroriste en chef plutôt que de devoir contrer les accusations qui ont conduit à son impeachment. Ce qui ne manque pas de sel lorsqu’on songe au rôle joué par la CIA dans la promotion de l’instabilité au Proche-Orient.
 
Pour les Américains favorables à une interprétation stricte de la constitution, cela reviendrait à donner une quasi toute-puissance au président fédéral.
 
Ce sont des éléments suffisants pour susciter des conseils bien intentionnés au Président en exercice que des sites de droite incitent à revoir son choix. Reste que tout est affaire d’équilibre : il faut aussi assurer l’acceptation de la nomination du nouveau juge dont le rôle va se révéler déterminant par le renversement de majorité qu’elle permet d’espérer à la Cour suprême.
 

Anne Dolhein