Discrimination positive : la Cour suprême US rétablit le droit

Cour Suprême Discrimination Positive
 

En supprimant la discrimination positive dans les universités, qui permettait à certaines d’entre elles de favoriser l’admission d’un étudiant en fonction de la couleur de sa peau, la Cour suprême des Etats-Unis rétablit l’égalité devant la loi. C’est une victoire du droit qui prend à contre-pied l’idéologie raciste qui anime le mouvement woke lancé par les Démocrates et fait crier, aux Etats-Unis comme en France, les révolutionnaires cosmopolites.

 

L’Affirmation action, ou discrimination positive, date des sixties

La pratique de la discrimination positive (nommée là-bas Affirmative Action) s’est installée aux USA dans les années soixante dans la foulée du mouvement des droits civiques avec un prétexte généreux : donner plus de chances aux Noirs qui avaient souffert de l’esclavage et de la ségrégation. Mais ce dispositif qui pouvait se comprendre à titre transitoire a été pérennisé. Soixante ans après, ses effets pervers sont déplorables, il a contribué, du point de vue technique, à baisser le niveau, et du point de vue juridique, lèse le droit et le principe d’égalité des citoyens devant la loi.

 

Une disposition qui lèse le droit poursuivie par des étudiants

C’est pourquoi l’association Students for fair admission (Des étudiants pour une admission juste) a porté plainte en 2014 contre l’université de Harvard et celle de Caroline du Nord en les accusant de discriminer les étudiants asiatiques. Leurs résultats scolaires étant nettement supérieurs à la moyenne, ils seraient plus nombreux à l’université si le seul critère de sélection était leur dossier. Après plusieurs échecs devant les tribunaux d’Etat puis fédéral, l’association a porté l’affaire devant la Cour Suprême qui leur a donné raison. Selon elle, bien des « universités ont considéré, à tort, que le fondement de l’identité d’une personne n’était pas sa mise à l’épreuve, les compétences acquises ou les leçons apprises, mais la couleur de sa peau. Notre histoire constitutionnelle ne tolère pas ça ».

 

Tollé à gauche contre l’arrêt de la Cour suprême

Les réactions politiques ont été, à l’image de la cour suprême elle-même, qui compte depuis le mandat de Donald Trump six juges « conservateurs » et trois « progressistes », divisées. Trump est sans surprise enthousiaste : « C’est un grand jour pour l’Amérique », » on revient à un système au mérite ». Sans surprise non plus, les Démocrates sont contre. Tel Chuck Sumer, leur patron au Sénat, pour qui cette « décision mal avisée met un obstacle gigantesque vers plus de justice raciale ». Et Biden s’est dit « en fort désaccord » avec un arrêt qui rompt avec « des décennies de jurisprudence »

 

La Cour suprême met fin à l’effet cliquet

Il a raison sur ce dernier point. C’est la deuxième fois en un an que la Cour suprême des Etats-Unis détricote un symbole du « progressisme » des Démocrates. Le 24 juin 2022, en abrogeant l’arrêt Roe contre Wade qui datait de 1973, au plus fort de l’obscurantisme anti-vie, elle a estimé que l’avortement ne figure pas dans la Constitution des Etats-Unis et ne constitue donc pas un droit opposable à celui des Etats. La Cour suprême des Etats-Unis est en train de mettre fin à l’effet cliquet qui empêche de revenir sur une décision, si mauvaise soit-elle, dès lors qu’elle bénéficie de l’étiquette progressiste.

 

Les médias occidentaux sous influence de la gauche démocrate US

Cela lui vaut bien sûr les critiques les plus vives de la gauche américaine. Y compris dans la minorité de la Cour. Sonia Sotomayor, idéologue libérale nommée par Barack Obama a fulminé : « Six membres non élus de la majorité ont renversé le statu quo sur la base de leur préférence politique », sans songer qu’elle n’était pas élue plus qu’eux et le portrait lui allait comme un gant. Et les médias occidentaux, en particulier français, ont emboîté le pas au jugement de la gauche américaine, parlant de la « très conservatrice » Cour suprême, notant un « demi-tour historique », une « volte-face », un « recul de l’Histoire » qui « fait tomber l’un des acquis de la lutte pour les droits civiques ».

 

Le peuple américain ne veut pas de discrimination positive

Visiblement, la presse française est convaincue qu’il existe, ainsi que Marx le lui a inculqué, un sens de l’histoire, que les bons suivent, et en travers duquel les mauvais se mettent. Telle n’est pas l’avis des citoyens américains. Selon une enquête du Pew Research Center réalisée en avril, la moitié des Américains désapprouve la discrimination positive sur le critère ethnique contre un tiers qui l’approuve (les Noirs 47 % contre 29 %, les Hispaniques 39 % contre 39 %, les Blancs 57 % contre 29 % : seuls les Démocrates sont encore nettement pour, 54 % contre 29 %). Et un vote réel a confirmé ce sondage. En 2020, la Californie, Etat éminemment progressiste, a organisé un référendum pour rétablir l’affirmative action, interdite depuis 1996 : la proposition avait été rejetée par 57 % des suffrages.

 

Pauline Mille