Reinhard Marx, cardinal-archevêque de Munich et Freising, a autorisé dans son diocèse la bénédiction des « couples » divorcés et remariés, de même sexe et LGBTQ+, suivant la directive de l’Eglise hétérodoxe d’Allemagne parue l’année dernière, Segen gibt der Liebe Kraft (« La bénédiction donne de la force à l’amour »), qui s’appuie notamment sur la déclaration Fiducia Supplicans du pape François, mais contredit l’enseignement constant de l’Eglise.
Le cardinal Marx entend que cette pratique devienne le « fondement de l’action pastorale ». Il ajoute que si « la bénédiction ne constitue pas la célébration d’un mariage sacramentel », cela ne signifie pas que « la bénédiction d’une union non sacramentelle, qui dans de nombreux cas est déjà un mariage civil, relègue le couple à la marge de la communauté et de l’Eglise ». Il insiste sur le fait qu’aucun « couple » ne doit être refusé.
Que répondre ? L’abbé Jean Narcisse, prêtre camerounais, propose un regard très juste sur le refus d’une bénédiction par un prêtre. Il explique : « La bénédiction n’est pas un geste banal. Elle n’est ni automatique, ni magique. Elle est une grâce invoquée sur une vie qui s’ouvre à Dieu. Voilà pourquoi un prêtre, dans certains cas, peut être amené à refuser. Non pas pour écraser, mais pour éveiller. Non pas pour exclure, mais pour sauver. »
Et ajoute : « Au fond, la vraie question dépasse le scandale : suis-je prêt à recevoir la bénédiction que je demande ? Car une bénédiction véritable ne s’arrête pas à un geste… elle transforme une vie. Ainsi, lorsque le curé refuse de bénir, ce n’est pas toujours une porte qui se ferme. C’est parfois une lumière qui dérange, une vérité qui secoue, un appel urgent à revenir à Dieu… sincèrement. »











