Dans une déclaration officielle datée du 4 février, la conférence des évêques catholiques en Chine (CEC) a exprimé son soutien explicite au Règlement du gouvernement de Pékin sur les affaires religieuses. Or ce document interdit aux membres du clergé non enregistrés auprès de l’Etat d’exercer un ministère pastoral, ainsi que toute « activité religieuse » dans des lieux non autorisés. En somme, c’est une attaque directe contre l’Eglise clandestine chinoise, restée fidèle à Rome, et cela montre aussi la faillite de la diplomatie menée par le pape François et son secrétaire d’Etat Pietro Parolin, resté en poste sous Léon XIV. Les deux hommes sont restés accrochés, malgré les rebuffades répétées de Pékin, aux accords irréalistes signés en 2018 sur la nomination des évêques. Malgré les avertissements répétés des bons connaisseurs de la situation en Chine, dont le cardinal Zen. Le silence de Rome depuis le 4 février montre l’embarras du Vatican et les contradictions insolubles où la diplomatie de François a plongé l’Eglise universelle et celle de Chine.
La CEC impose aux prêtres d’obéir à Pékin plutôt qu’à Rome
Sur son site, la CEC (en anglais BCCCC) souligne que toute « activité religieuse » doit s’exercer « conformément à la loi ». Cela vaut pour la messe et tous les sacrements. En tout, ils doivent se plier aux « intérêts de l’Etat ». Selon l’article 40, pierre angulaire de la politique religieuse du Parti communiste chinois, les activités religieuses collectives doivent se tenir dans des lieux de culte officiellement enregistrés et être présidées par un personnel religieux autorisé, répondant aux exigences fixées par l’Etat. Ces activités doivent être conformes à la réglementation gouvernementale. Pour ceux qui n’auraient pas compris, la CEC précise : « Nul autre ne peut présider des activités religieuses. » Autrement dit les évêques et prêtres clandestins fidèles à Rome sont exclus. Cela rappelle la situation en France lors de la Révolution après la Constitution civile du clergé. Seuls les prêtres assermentés, ou jureurs, avaient droit d’officier, les prêtres réfractaires étant poursuivis, envoyés au bagne ou tués quand ils étaient pris. Une pareille éventualité n’est pas à exclure aujourd’hui. Pas plus que la conclusion de l’affaire : le peuple catholique abandonna le clergé assermenté, complètement démonétisé par sa collaboration avec la révolution, et soutint les réfractaires.
Faillite diplomatique : François dupe du Parti communiste chinois
Ce texte illustre la vanité des espoirs de Parolin et François et la faillite de leur diplomatie, qui confond depuis dix ans souplesse et soumission. Face à Xi Jinping et au parti communiste chinois qui intensifient leur mainmise sur les religions par le moyen de ce qu’ils appellent la « sinisation », qui vise à aligner croyances et pratiques sur les valeurs socialistes et l’identité nationale chinoise telles que les définit le Parti, ils ont choisi de s’en tenir à de prétendus accords dix fois violés qui n’engagent que Rome. Quant à la CEC, ils la connaissent sans la reconnaître, ce qui ne limite en rien sa capacité de nuisance. Quant aux vrais fidèles, toujours plus persécutés, ils ne savent plus à qui s’en remettre, puisque Rome « négocie » avec leur ennemi au lieu de le condamner clairement. Pie XI et Pie XII, face aux totalitarismes soviétique et nazi, avaient eu une attitude plus ferme pour de meilleurs résultats.











