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DRAME/DRAME HISTORIQUE
Le chanteur de Gaza ♠


 
Le chanteur de Gaza est un film arabe qui entend rendre hommage à Mohammed Assaf, effectivement chanteur de Gaza, et grand vainqueur du concours de chant panarabe Arab Idol (2013). Le sujet est certainement bien sympathique. Avant les drames actuels de Libye, Yémen, Syrie, Gaza offrait certainement les pires conditions de vie du monde arabe. Cette enclave palestinienne, en état de siège permanent depuis vingt ans, est régulièrement bombardée, voire envahie par Israël. Elle subit en outre la dictature politico-religieuse rigoriste du Hamas. Des Palestiniens rajoutent encore des souffrances aux Palestiniens. Les tracasseries quotidiennes du Hamas sont bien rendues. En outre, ce qui joue un rôle dans l’action, le Hamas est opposé au chant profane ; ne devrait être chanté, ou psalmodié, que le Coran… Mohammed Assaf a donc éprouvé des difficultés à quitter Gaza du fait de la situation générale, mais aussi de l’hostilité du Hamas à son projet estimé immoral. Ce point de vue est quand même extravagant, pour des chants d’inspiration traditionnelle, et parfaitement décents.
 
Le héros est sympathique, le message aussi. Le film se garde toutefois d’une démonstration trop explicite et facile, haineuse, au sujet des souffrances indiscutables des Palestiniens, en particuliers ceux de Gaza, dont la première responsabilité n’en revient quand même pas aux intéressés. Toutefois, les bons sentiments ne font pas forcément les bons films…
 

Le chanteur de Gaza, au plus une curiosité sociologique pour un public très patient

 
Ainsi la première moitié du chanteur de Gaza est assez loin du sujet, le fameux concours et la victoire de Mohammed Assaf ; elle entend raconter l’enfance du héros, qui aurait un petit chanteur précoce à Gaza. Il n’aurait pas eu d’argent pour se payer des instruments de musiques. Il aurait eu pour projet de former, avec sa sœur, et deux jeunes amis, un orchestre d’enfants. Dès cette époque, il était en effet très difficile d’obtenir des produits autres que ceux de première nécessité, comme évidemment des instruments de musique, et en particulier ceux adaptés à la taille des enfants. Il fallait alors, comme aujourd’hui encore, recourir aux services des contrebandiers, chers, facilement voleurs… Cette moitié du récit ressemblerait à une aventure du Club des Cinq transposée à Gaza. Elle relève du film pour enfants, au rythme particulièrement long, péniblement supportable pour le public adulte le mieux disposé. Le chanteur de Gaza donne l’occasion de rappeler ce qu’est bien souvent un film populaire arabe, un très long téléfilm sentimental. L’excès de pathos étalé dessert les quelques drames peut-être réels de l’enfance de Mohammed Assaf, comme la mort de sa sœur d’une maladie des reins, impossible à soigner correctement à Gaza.
 
La suite du film, plus intéressante, mais très convenue, ne réveillera pas forcément un spectateur assoupi depuis longtemps. Ceci est bien dommage pour l’intérêt du chanteur de Gaza, au plus une curiosité sociologique pour un public très patient.
 

Hector JOVIEN

 
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