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Les chercheurs de l’University College London ont caché le décès de patientes après un traitement expérimental avec des cellules souches

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Pour recruter d’autres patients et obtenir des financements leur permettant de poursuivre leurs recherches sur l’utilisation de cellules souches, des chercheurs du prestigieux University College London (UCL) auraient volontairement couvert le décès de deux jeunes filles, révélait le Telegraph mardi. Pire encore, quand en 2012 Shauna Davison, 15 ans, a accepté avec ses parents de recevoir une nouvelle trachée obtenue à partir de ses propres cellules souches, personne ne les aurait informés du décès deux ans plus tôt de Keziah Shorten, 20 ans, après un essai similaire. Shauna s’étouffera 13 jours après l’opération à cause d’un effondrement de sa greffe. Keziah Shorten avait elle aussi connu un premier rejet d’une trachée prélevée sur un cadavre, puis de l’effondrement d’une nouvelle trachée synthétique « ensemencée » avec ses propres cellules souches, et elle était décédée après six mois de souffrances en soins intensifs. Les médecins-chercheurs auraient cependant masqué la chose en prétendant l’absence de lien entre le traitement expérimental mis en œuvre et le décès de leur patiente.
 

L’enjeu des essais de greffe de la trachée mettant en œuvre des cellules souches

 
Ces essais thérapeutiques visaient à développer des traitements pouvant profiter à 19.000 patients souffrant de maladies des voies respiratoires en Europe et en Amérique, de même que les quelque 2.000 Britanniques qui perdent chaque année l’usage de la voix à cause de problèmes du larynx. À ce jour, seuls quatre Britanniques ont subi ce traitement expérimental mettant en œuvre des cellules souches pour remplacer leur trachée. Ces traitements ont été appliqués selon une procédure particulière qui permet aux médecins de tester des traitements encore non approuvés à des patients victimes de pathologies létales pour lesquelles il n’existe aucun autre traitement.
 
L’autorité de surveillance britannique, le General Medical Council (GMC), examine en ce moment des plaintes contre l’équipe de l’UCL accusée d’avoir couvert les décès causés par les greffes expérimentales avec des cellules souches. En attendant les résultats de son enquête, l’équipe de recherche du professeur Martin Birchall, de l’UCL, s’est vue privée de 4,7 M £ de financement public britannique. Un financement européen de 6 M £ va aussi sans doute être suspendu.
 

Les chercheurs de l’UCL accusés d’avoir couvert deux décès survenus à la suite de quatre essais du même traitement expérimental.

 
Outre les accusations de la famille de Shauna Davison, selon laquelle les médecins de l’UCL ne leur auraient parlé que du cas d’un garçon d’une dizaine d’années ayant survécu à ce même traitement, l’équipe de l’UCL doit faire face aux reproches du professeur Patricia Murray, spécialiste en biologie des cellules souches et en médecine régénérative de l’Université de Liverpool. Selon Patricia Murray, en effet, les chercheurs de l’UCL auraient en réalité couvert les deux décès de 2010 et 2012 pour obtenir l’autorisation de poursuivre leurs essais. Le professeur Murray appuie notamment son affirmation sur des brochures à destination des patients publiées par l’UCL, sur lesquelles la greffe opérée sur Shauna Davison est décrite comme ayant réussi, son décès étant attribué à des « causes inconnues » sur une brochure et à un « problème non lié » à la greffe sur une autre brochure.
 
« Mentir aux patients sur des brochures est impardonnable », a déclaré le professeur Murray cité par le Telegraph, « c’est tromper les patients pour les pousser à accepter ces opérations ».
 

Une commission spéciale de l’University College London pour enquêter sur des accusations contre le professeur Martin Birchall

 
L’UCL a en outre mis en place une commission constituée de trois professeurs pour enquêter sur des accusations d’infractions que le professeur Birchall aurait commises dans le cadre d’études réalisées sur des cochons en vue d’obtenir une autorisation pour des essais sur l’homme. D’après la version préliminaire des conclusions de cette commission vue par les journalistes du Telegraph, ces accusations ne seraient pas sans fondement.
 
Olivier Bault