Toujours très instructive, la presse chinoise sous contrĂ´le du parti communiste rĂ©flĂ©chit sur la nouvelle session de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU qui s’ouvre Ă New York. Pour cette 71e Ă©dition, le Premier ministre Li Keqiang plaidera au nom de la Chine pour la « gouvernance globale », assure un Ă©ditorial du Global Times. Il doit Ă©galement se rendre Ă un sommet sur la crise des « rĂ©fugiĂ©s », qui ne touche guère son pays mais dont il entend tirer argument pour promouvoir un règlement international des problèmes globaux. Sa visite s’achèvera par une rencontre avec Barack Obama en attendant son envol pour le Canada, puis Cuba.
C’est le professeur Zhang Haibin, professeur Ă l’Ecole des Ă©tudes internationales de l’universitĂ© de PĂ©kin, non moins contrĂ´lĂ©e par le parti communiste chinois, qui a prĂ©dit pour le Global Times la teneur de l’allocution de Li Keqiang. De quoi parlera-t-il ? De l’expĂ©rience de la Chine en matière de promotion du dĂ©veloppement durable et de sa manière d’envisager l’avenir. « La gouvernance globale est un sujet significatif pour l’ONU Ă ce moment prĂ©cis, et le monde veut entendre ce que la Chine a Ă en dire », a-t-il dĂ©clarĂ© au journal.
A l’ONU, le Premier ministre chinois évoquera le développement durable
La promotion du dĂ©veloppement durable Ă la manière chinoise fait tordre de rire : il n’y a pas de pays plus polluĂ© et Ă l’aune des rĂ©chauffistes (qui se prĂ©occupent uniquement de dioxyde de carbone) la Chine est le pire Ă©lève mondial, responsable de près du tiers des Ă©missions de CO2, deux fois plus que les Etats-Unis. Et son modèle de dĂ©veloppement sur les quinze annĂ©es Ă venir repose sur la mise en route de nouvelles centrales Ă charbon et une forte augmentation, en termes absolus, des Ă©missions. Que la Chine vienne donner des leçons est un scandale, mĂŞme et surtout si l’on se place du point de vue de ceux qui croient en l’origine humaine d’un rĂ©chauffement qu’ils s’obstinent Ă prĂ©tendre constater, malgrĂ© les faits. Bien sĂ»r, c’est l’activitĂ© industrielle chinoise est en cause : mais elle correspond Ă la volontĂ© non dissimulĂ©e d’en faire et de continuer d’en faire « l’atelier du monde », Ă n’importe quel prix. Pollution et tyrannie en Chine, chĂ´mage et appauvrissement dans les pays dĂ©veloppĂ©s…
Mais le dĂ©veloppement durable, c’est plus que cela. Ce sont les « Objectifs du dĂ©veloppement » (ODD) mis en avant par l’ONU, avec toute leur dimension totalitaire et en particulier leurs mesures visant Ă contrĂ´ler la population mondiale. Suivant l’exemple chinois… mĂŞme si les ODD insistent sur l’accès volontaire Ă la contraception et – plus discrètement – Ă l’avortement.
Li KeQiang, ambassadeur de la gouvernance globale, avec la Chine au sommet ?
Pour Zhang Haibin, qui a forcĂ©ment l’oreille du pouvoir, « le sommet du G20 Ă Hangzhou a dĂ©jĂ abordĂ© les affaires Ă©conomiques, il est donc temps pour que la Chine prĂ©sente des suggestions plus dĂ©taillĂ©es en vue d’utiliser les moyens Ă©conomiques afin d’atteindre les objectifs de l’ONU en matière de dĂ©veloppement durable ». L’idĂ©e est clairement de renforcer les liens entre la Chine et l’ONU, assure de son cĂ´tĂ© Ruan Zongze, prĂ©sident dĂ©lĂ©guĂ© exĂ©cutif de l’Institut des Ă©tudes internationales de Chine.
Les propositions que Li Keqiang fera Ă New York porteront notamment sur le dĂ©veloppement Ă©conomique, le combat contre la pauvretĂ©, l’Ă©galitĂ© de genre et la protection de l’environnement : rien que de très classique du point de vue du mondialisme en marche. En particulier, la crĂ©ation de la Route de la soie doit fournir les infrastructures permettant « l’interconnectivitĂ© » et la coopĂ©ration Ă©conomique dans toute la rĂ©gion de l’Eurasie et de l’Afrique oĂą vit plus de la moitiĂ© de la population mondiale pauvre.
Problèmes globaux, solutions mondiales : la Chine promeut les ODD de l’ONU
Selon Zhang, la Chine est pleinement disposĂ©e Ă participer Ă la gouvernance globale, mais Ă une Ă©chelle limitĂ©e du point de vue de l’engagement : « Le monde ne peut pas se contenter de demander Ă la Chine de donner de l’argent pour rĂ©soudre chaque problème ; le dĂ©veloppement durable exige un effort collectif. » Elle entend aussi « contribuer » du point de vue de la rĂ©flexion politique : elle entend ainsi « donner des perspectives plus profondes qui permettront aux membres de l’ONU de discuter de la crise des rĂ©fugiĂ©s », a-t-il dit.
Pour cela il faudrait, selon la Chine, reconnaĂ®tre que la crise des rĂ©fugiĂ©s n’a pas seulement Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e par la guerre au Proche-Orient : « D’autres facteurs comme le changement climatique et la pollution sont Ă©galement Ă la racine des crises alimentaires et du manque d’eau, mais peu nombreux sont ceux qui relient ces problèmes Ă la crise des rĂ©fugiĂ©s », affirme Zhang. C’est l’argumentation de ceux qui veulent faire porter aux « pays riches » le poids de la misère du pays du Tiers-monde, et justifier l’ouverture des frontières de l’Europe aux flots de clandestins.
Ce sont aussi les arguments avancĂ©s pour les abandons de souverainetĂ©, car du constat de problèmes globaux Ă l’affirmation selon laquelle il faut rĂ©gler ces problèmes de manière globale, en imposant toujours plus de dictature climatique, il n’y a qu’un tout petit pas. La Chine est manifestement prĂŞte Ă prendre la direction de ces efforts : en vue d’asseoir son propre pouvoir, et contribuer Ă la mise au pas du monde.




























































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