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Révolution robotique : le Japon et la Chine veulent remplacer les ouvriers par des robots et par l’intelligence artificielle

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Que ce soit pour des raisons de coût de main-d’œuvre ou de baisse démographique, la Chine comme le Japon veulent remplacer des ouvriers à bas salaires par des robots, laissant l’intelligence artificielle de plus en plus développée prendre la main sur le secteur de la production. Car ce n’est plus de machines-outils qu’il s’agit, mais d’engins conçus pour remplacer la pensée et les réactions humaines.
 

Robotique : la révolution chinoise

 
En Chine, cette nouvelle révolution se fera dans le cadre de la réforme de son économie que le parti communiste s’est fixée à travers le tout dernier plan gouvernemental. Sans la révolution robotique clairement encouragée par le vice-président chinois, Li Yuanchao, à l’occasion de la récente conférence de Pékin sur le sujet, la Chine connaîtrait des difficultés graves à atteindre son objectif affiché de doublement du revenu par tête d’habitant d’ici à 2020 tout en maintenant une croissance annuelle d’au moins 6,5 %, elle-même hypothétique. Le remplacement de l’homme est en cours : voilà le dernier mot de cette histoire où la robotique est mise en avant comme un axe de développement majeur dans l’avenir de l’économie chinoise.
 

Moins d’ouvriers, plus de robots dans les usines

 
Si la robotique de service et de divertissement était très visible au salon de la robotique où le vice-président chinois a annoncé cette politique, c’est en effet dans le secteur manufacturier que son développement devrait être le plus spectaculaire. Les objectifs annoncés sont l’augmentation de la productivité, mais aussi la formation des ouvriers : ceux qui sont ainsi remplacés pourront acquérir une plus grande expertise technique tant dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la manipulation ou de la palpation, que dans ceux de la conception ou de la maintenance de l’outil de production ainsi robotisé. Voilà pour la théorie.
 
Si la Chine est devenue le plus gros importateur de robots au monde en 2013 avec la perspective, d’ici à 2018, de devenir le pays qui concentrera plus d’un tiers des robots industriels en service au monde, il n’en reste pas moins que le nombre de robots par ouvrier est de loin inférieur à celui d’autres pays industrialisés. Le programme « Made in China 2025 » annoncé en mai dernier est censé exploiter cet énorme potentiel de croissance en transformant la Chine en une « puissance manufacturière mondiale », « verte » et innovante, d’ici à cette date.
 

La Chine et le Japon prêts à compter sur l’intelligence artificielle

 
Mais en vérité il s’agit de développer à grande vitesse l’intelligence artificielle. Le défi ? Trouver un juste équilibre à trouver entre production humaine et production robotisée, comme le dit Tianran Wang, membre de l’Académie chinoise de l’ingénierie : il parle d’« automatisation hybride ». Une économie communiste respectueuse de l’homme et de ses besoins ? On demande à voir !
 
La Chine envisage de produire elle-même ses propres systèmes de robotisation. Daokui Qu, président de Siansun, fabricant de robots basé à Shanghai, déclare que « les priorités de l’industrie robotique (chinoise) résident dans le développement de systèmes plus souples dotés de meilleures capacités sensorielles tout en améliorant la cohabitation effective et sécurisée de l’homme et de la machine ». La piste des robots à commande gestuelle est d’ailleurs explorée à cette fin. Les évolutions annoncées sont dont importantes.
 
Pendant ce temps, au Japon, des travaux de recherche sont en cours sur la probabilité de voir plus de 600 emplois automatisés à moyen terme. Le Nomura Research Institute prévoit la « captation » très probable par les robots de tâches aussi diverses que le travail agricole, la tenue de centre d’assistance et la livraison de marchandises. Des travaux plus « intellectuels » comme l’enseignement ou l’écriture pourraient résister… un peu plus longtemps.
 

Un ouvrier sur deux remplacé par des robots ?

 
Les recherches menées par Yumi Wakao arrivent à un taux de remplacement de travailleurs humains par l’intelligence artificielle d’environ 49 % d’ici à 2035. C’est près de la moitié des emplois : cette proportion est d’autant plus vraisemblable que des études universitaires similaires menées aux Etats-Unis et au Royaume-Uni arrivent à des résultats comparables : 47 % et 35 % respectivement.
 
Wakao souligne que l’étude, fondée sur des hypothèses, ne prend pas en compte le « facteur social » qui peut jouer sur les évolutions, mais ajoute que bon nombre de Japonais sont favorables à l’idée. La population vieillit vite et requiert des soins de plus en plus difficiles à dispenser à mesure que la population active rétrécit, et celle-ci se laisse conter que la robotique va permettre de s’orienter vers des emplois plus « créatifs ».
 

Nicklas Pélès de Saint Phalle