La mise en place de compteurs intelligents pour l’électricité s’universalise, mais non sans arrière-pensées, ainsi que vient de le montrer une information du Daily Telegraph de Londres. Au Royaume-Uni, où un nombre croissant de foyers en est désormais équipé, il apparaît que le gouvernement conservateur a voulu s’en servir pour surveiller la consommation – tenez-vous bien – des propriétaires de maisons à forte efficacité énergétique. C’est en février 2024 que le think tank London Economics a été chargé de réaliser une étude de fond sur le comportement des usagers, pour trouver comment utiliser les compteurs connectés afin de modifier les habitudes, voire mettre en place des taxes environnementales.
Il existe en effet un effet indésirable de l’efficacité énergétique des habitations (du point de vue du pouvoir en tout cas) : c’est que les personnes qui ont fait des dépenses et réalisé des travaux afin de mieux isoler leur maison ou d’y installer des chauffages plus efficaces s’auto-récompensent, en quelque sorte, de ce comportement « moral » en s’autorisant un comportement « immoral » (les mots « moral » et « immoral » se trouvent bel et bien dans le rapport), phénomène bien connu dans la psychologie comportementale. En l’occurrence, cela consiste pour les citoyens exemplaires à augmenter le confort thermique de leur maison, ou en clair, à chauffer davantage une fois les travaux faits.
Energie : les compteurs intelligents révèlent des comportements « immoraux »
Cette « licence morale » que s’accordent les consommateurs aboutit à une situation de « prise de confort » (comfort taking) comme on prend des bénéfices, déplore le rapport : l’utilisation de l’énergie augmente après qu’une demeure est devenue plus efficace, au lieu de baisser comme on pourrait s’y attendre. Et c’est mal, bien sûr : cela pourrait réduire à néant les bénéfices des actions entreprises en vue du « Net Zéro ».
L’étude a été réalisée à la demande de responsables du Département britannique de la sécurité énergétique et du Net Zero (DESNZ). Ces derniers ont souhaité, à travers cette analyse, apprendre comment dissuader les abonnés à l’électricité de consommer davantage d’énergie après avoir installé de l’isolation ou du double vitrage.
Des codes couleurs sur les compteurs intelligents pour mieux contrôler le chaland
Les réponses sont tout ce qu’il y a de plus classique dans le cadre de l’Etat nounou. Il a été suggéré de mettre des repères de couleur visuels sur les compteurs intelligents pour alerter en cas de consommation élevée : du vert vertueux au rouge foncé en passant par l’orange, tout est bon pour récompenser ou pour alarmer le client. Il était également proposé d’apposer des autocollants sur les nouveaux chauffe-eau pour mettre en garde contre le confort excessif.
La « prise de confort » est en effet au centre du rapport et donne lieu à des développements surréalistes. London Economics a ainsi découvert que certains peuvent vouloir un niveau de chaleur plus élevé lorsqu’ils reçoivent des visiteurs ; d’autres, paraît-il, continuent de chauffer leur maison à un niveau donné alors même qu’ils ont amélioré son efficacité énergétique, simplement par habitude, que ce soit intentionnel ou non. Car dans le domaine du Net Zero, le vocabulaire est celui du péché, de la morale et de l’intentionnalité…
Une taxe sur l’efficacité énergétique ?
On apprend aussi, dans le rapport de 29 pages qui a été publié sur un site gouvernemental, que London Economics proposait de mettre en place une taxe environnementale susceptible de compenser la baisse des coûts pour les usagers en raison d’une amélioration de l’efficacité énergétique des compteurs. Cela s’appelle profiter des habitudes des cochons de payeurs pour mieux renflouer les caisses de l’Etat.
Cette recommandation s’accompagnait cependant d’une mise en garde : un tel choix pourrait avoir des effets pervers sur l’incitation à rendre les maisons et appartements plus « eco-friendly » et pourrait avoir des conséquences indésirables pour les foyers qui n’ont pas assez de moyens pour se chauffer à un niveau décent. Le rapport rappelait au passage que le « comfort taking » est plutôt positif lorsque des travaux permettent d’y maintenir enfin une température suffisante et saine.
Il faut le dire, le Net Zéro rend fou. En l’occurrence, ce sont bien les conservateurs qui ont envisagé ces solutions, qui combinent la surveillance, le contrôle social et le « tout est permis » en matière de de contrôle énergétique de la part des gouvernements Big Brother. Puis ils ont été éliminés lors des élections de juillet 2024. Les travaillistes ont déclaré avoir enterré la chose, mais en définitive, tous ceux qui souscrivent à la lutte contre le « changement climatique » sont de la même eau : à chacun sa solution tyrannique.











