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Corse, Wauquiez, Morano : la France après Johnny

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Election de maréchal pour Wauquiez chez les Républicains et pour les autonomistes en Corse, Nadine Morano montrée du doigt en tant que Française la plus détestée : il n’y a donc pas eu que Johnny dans l’actualité du week-end en France.
 
Les chaînes d’information continue ont du talent : elles sont capables de tenir indéfiniment le crachoir sur l’aérodrome de Saint Barthélémy ou l’opinion de Sylvie Vartan. Moi qui suis une vieille fan de Johnny, je m’émerveille qu’il soit devenu une question si sérieuse qu’Alain Finkielkraut lui consacre une chronique, et qu’on interpelle le président de la république pour lui demander pourquoi il n’a finalement pas utilisé le goupillon à sa disposition dans l’église de la Madeleine. Pour tout dire cette hypertrophie du futile ne me dérange pas, tant le reste de l’actualité est insignifiante, et elle l’est parce qu’elle est prévisible : avec Morano, la Corse et Wauquiez, avec ou sans Johnny, la France s’ennuie.
 

Droite de Wauquiez, Corse nationaliste : des moules de bouchot

 
Commençons par Wauquiez. Tout ce qu’il y avait à en dire a été dit. C’est un énarque démagogue qui n’a pas plus de conviction qu’une moule de bouchot, et qui, cherchant à s’agripper fermement au pouvoir, suit le sens du courant dominant aujourd’hui, afin de l’exploiter à sa guise ensuite, comme l’ont fait avant lui De Gaulle, Giscard et Sarkozy. Il a été élu avec les trois quarts des inscrits de son parti. La droite, le populisme et la France tombent toujours dans le même piège. Souvenirs, souvenirs.
 
Quant à la Corse, c’est comme la Sicile de Lampedusa, plus ça change, moins ça change. Talamoni, Simeoni et les autres empochent le salaire du ras-le-bol de Paris, de l’immigration, des fonctionnaires FM, de l’incurie républicaine. En même temps, ça fait bien de parler d’indépendance, mais on ne renoncerait pas aux avantages donnés par le continent, ni même, au fond, à son drapeau. On ne veut plus des clans mais on en vit, on arrête de fumer mais on garde le bureau de tabac, bref, on est corse, c’est typiquement français depuis deux cent cinquante ans.
 

Morano fan de la France de Johnny, détestée de l’élite

 
On les appelle nationalistes : mais qu’est-ce que cela veut dire ? Et que vont-ils faire de leur succès ? De la communication dans les médias, comme Puigdemont avec sa Catalogne ? Sans doute l’Union européenne encourage-t-elle en sous main tout ce qui peut démembrer les vieilles nations. La nation, voilà l’ennemie. Mais les Corses ne sont pas les ennemis de la nation française, ils sont seulement attachés à leur petite patrie corse, et en cela très opposés au mondialisme européiste qui voudrait accélérer l’invasion de l’île.
 
Dernier élément du train train en France ce week-end, Nadine Morano. Il paraît que ce serait la personnalité la plus détestée des Français, selon un sondage commandité par le Huffington Post et CNews. Pas étonnant quand les plus appréciées sont Noah ou Omar Sy. Les médias ont un adversaire, la nation des souchiens, celle qui est descendue dans la rue pour Johnny, la France blanche, européenne et chrétienne dont parlait le général De Gaulle cité par Nadine Morano. Il y a une logique dans tout ça. La France s’ennuie, ça ne l’empêche pas de mourir.
 

Pauline Mille