La Cour suprême valide le vote postal, Trump perd une manche contre la fraude

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Les midterms, élections de mi-parcours, approchent pour Donald Trump au cours de son deuxième mandat comme président des États-Unis, et il vient d’essuyer un revers avec un refus de la Cour suprême qui a rejeté la demande de Trump de restreindre le recours au vote postal, aujourd’hui utilisé par près d’un tiers des électeurs américains.

Dans le même temps, on apprend que des fraudes assistées par erreur administrative sont bel et bien répertoriées : la pointe d’un iceberg ?

Pour Donald Trump, il est évident qu’il faut en finir avec le système actuel votes par courrier, qui permet plusieurs formes de fraude. Au fond, la Cour suprême estime qu’une telle mesure n’aurait rien d’anticonstitutionnel.

Cependant, les « sages » ont refusé de changer les règles du jeu à ce stade, en estimant que les élections du 3 novembre sont trop proches (certains Etats, l’Alabama, la Caroline du Nord et le Wisconsin ont déjà commencé à envoyer les bulletins aux électeurs) pour qu’on puisse aujourd’hui rendre ce moyen de vote illégal. Les responsables des élections dans les États et sur le plan local n’ont pas le temps suffisant pour mettre raisonnablement la mesure en place avant les élections, a ainsi jugé la majorité de la Cour, alors même que nombre de ces juges doivent leur nomination à Trump lui-même. Belle manifestation d’indépendance ?

Ce n’est pas l’avis des juges Samuel Alito et Clarence Thomas, qui ont publiquement manifesté leur désaccord.

 

La Cour suprême ne veut pas modifier le vote postal avant les “midterms”

Pour contrer la fraude, l’administration de Donald Trump avait pour plan d’exiger que les États adoptent un style d’enveloppe uniformisé et soumettent la liste des électeurs éligibles à des portails en ligne.Le service de poste national, USPS, serait habilité à refuser la livraison des bulletins de vote aux États qui ne se soumettraient pas à ces exigences.

Un lanceur d’alerte a cependant publié un rapport selon lequel les conditions posées au système postal pourraient empêcher l’envoi de millions de bulletins en raison de failles dans le système Internet.

Dans le même temps, des responsables démocrates ont contesté les modifications projetées, en affirmant que le président n’a pas l’autorité, de par la Constitution, pour mettre en place des règles électorales qui pourraient quasiment éliminer le vote par courrier à la veille d’une grande élection. Plusieurs affaires ayant été gagnées par ceux-ci au niveau inférieur, l’administration en a appelé à la Cour suprême en faisant remarquer que le système postal national permet bel et bien à cette agence de mettre en place des règles pour l’acheminement des bulletins de vote.

L’enjeu est de taille. Si Trump perd la courte majorité dont il dispose à la Chambre des représentants, sa liberté d’action sera fortement restreinte, et les démocrates brandissent déjà la menace d’une procédure d’impeachment.

Aussi a-t-il qualifié ce mardi la décision de la Cour suprême de « grande perte pour les Républicains et pour l’Amérique elle-même ». Il l’a jugée « horrible ».

 

Il n’y a pas que le vote postal : dans le New Jersey des non-Américains ont profité de failles

Et voilà que dans le New Jersey, on vient de découvrir qu’une erreur informatique ou une grosse erreur bureaucratique à la Motor Vehicle Commission a eu pour effet de permettre à 6.600 personnes n’ayant pas la nationalité américaine d’être enregistrés comme électeurs. On sait de manière certaine que 400 d’entre eux ont effectivement voté de manière illégale à ce jour. Tout cela parce qu’en 1983, une loi a obligé ces agences étatiques des automobiles à proposer l’enregistrement comme électeur de toute personne demandant ou renouvelant son permis de conduire ou sa carte d’identité au niveau de l’Etat.

Trump, qui ne s’est jamais désisté de l’idée que l’élection présidentielle lui avait été volée en 2020, se voit ainsi conforté par un fait tangible.

Évidemment, les responsables démocrates du New Jersey minimisent l’affaire, parlant d’un nombre « insignifiant » d’électeurs concernés.

 

La décision de la Cour suprême se conjugue avec un système ahurissant

Mais quand on regarde la carte des Etats des US selon les documents nécessaires pour voter, la grande tache des Etats où on n’a même pas besoin de s’identifier pour voter – une quinzaine – on comprend le souci de Trump de traquer le vote des non-citoyens : il en va ainsi en Californie, dans l’Oregon, au Nouveau-Mexique, dans l’Illinois, en Pennsylvanie, dans le Maryland et même à New York. D’autres Etats se contentent d’une identification sans photo du porteur, obligation qui peut être contournée dans certains cas. Seule une vingtaine d’Etats exigent une carte d’identité avec une photo, mais dans la moitié d’entre eux, des possibilités de contournement existent aussi. Le simple fait que l’on conteste vigoureusement la mise en place de la moindre exigence en certains Etats devrait faire réfléchir.

Le département de la Sécurité intérieure vient pour sa part de rendre publics des documents selon lesquels 278 000 non-citoyens étaient enregistrés comme électeurs dans quatre États à majorité démocrate, dont 35 000 dans le seul New Jersey. Sans preuve, clame l’opposition.

Mais comment imaginer que personne ne profite des faiblesses du système américain ?

 

Anne Dolhein