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Des cercueils vides au Panthéon

Des cercueils vides au Panthéon
 
Pour faire honneur à Germaine Tillion, Geneviève De Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay, quatre figures de la Résistance, François Hollande avait annoncé leur entrée au Panthéon il y a un an. Seul petit détail : les deux femmes ne reposeront pas au Panthéon, leurs familles s’étant opposées à leur transfert. Ce sont donc des cercueils vides qui rejoindront le Panthéon.
 
La cérémonie aura lieu le 27 mai prochain. Mais Germaine Tillion et Geneviève De Gaulle-Anthonioz conserveront chacune leur tombe privée, dans le cimetière de Saint-Maur-des-Fossés, dans le Val de Marne, pour la première ; et celui de Bossey, en Haute-Savoie, pour la seconde.
 

Cercueils vides…

 
Si les familles des deux femmes ne se sont pas opposées à leur panthéonisation, elles ont fait savoir à l’Elysée qu’elles « ne souhaitaient pas que les corps soient exhumés pour un transfert vers Paris ». « Il s’agit d’une motivation d’origine familiale », a déclaré Emilie Sabeau-Jouannet, la nièce de Germaine Tillion.
 
A la place des dépouilles, sera placée dans chaque cercueil « une petite urne contenant de la terre prélevée sur les tombes ».
 
Elle souligne que la demande a été reçue « avec grande compréhension » par l’Elysée, et rappelant que, au Panthéon, « il y a par exemple des plaques, comme celle de Saint-Exupéry, disparu en plein vol », et dont le corps n’a évidemment jamais été retrouvé.
 
On pourrait évoquer également le cas de Jean Moulin, mort dans le train qui l’emmenait en Allemagne, et, compte tenu des circonstances, son corps n’a jamais été identifié avec certitude. Le « (…) entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège » d’André Malraux, n’aura donc été que pure rhétorique.
 

Un Panthéon des «  grands » hommes

 
On ne discutera pas des mérites des personnages que la République entend ainsi honorer, sauf pour regretter que leurs situations personnelles, très tranchées, font que cet acte de gloire posthume aura pour effet de diviser davantage les Français qui ont quelque mémoire, que de les unir, contrairement à ce qu’imagine, dans son ignorance ou son idéologie, François Hollande.
 
Mais le fait que la République puisse honorer des cercueils vides dans ce temple retiré à Dieu pour abriter des « saints laïques » n’en est pas moins tout un symbole…