Alors que les dirigeants de l’UE vont se réunir en Belgique pour plancher sur la compétitivité de l’Union, Macron a déclaré à notre confrère Le Monde que : « Maintenant est le moment de lancer une capacité d’emprunt commun pour ces dépenses futures, des eurobonds pour l’avenir. » Concrètement, il a évalué à environ 1.200 milliards d’euros par an les investissements publics et privés destinés à financer les industries vertes, numériques, la défense et la sécurité, qui seraient ainsi empruntées directement par l’UE sur les marchés internationaux. Bien sûr le chancelier Merz a fait immédiatement savoir que l’Allemagne « ne peut pas accepter un mécanisme qui reviendrait à mutualiser les dettes sans contreparties en matière de discipline budgétaire ». Pas d’emprunt sans réforme de la dépense publique. Berlin a évidemment raison sur cette question de la discipline budgétaire : les dettes ne se remboursent pas toutes seules. Mais Macron a évidemment raison du point de vue fédéraliste, qui est le sien ; c’est par un endettement commun qu’on asservira durablement les Etats à l’Etat fédéral bruxellois. D’ailleurs, Merz n’y est pas opposé au fond : ils admettraient les euro-obligations si tout le monde suivait l’Allemagne dans son orthodoxie budgétaire.











