Les dividendes du Brexit atteindraient 65 milliards de livres pour l’économie britannique

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L’économie britannique pourrait bénéficier d’une manne inattendue de 65 milliards de livres (72 milliards d’euros) grâce au Brexit, si son ministre des Finances « profite des opportunités économiques », selon un rapport publié par le groupe de 17 experts eurosceptiques Economists for Free Trade. Selon ce texte, rédigé par Patrick Minford de l’Université de Cardiff, un Brexit survenant en 2020 permettrait à la croissance du Royaume-Uni d’augmenter, de même que les salaires, et au chômage de baisser. Ces « dividendes du Brexit » pourraient être réinvesti dans de meilleurs services publics et dans l’amélioration de la compétitivité de l’économie britannique par une baisse de la fiscalité.
 

L’économie britannique a tout à gagner du Brexit

 
Ce rapport analyse les gains à long terme d’une sortie de l’Union européenne. Parmi eux : une baisse des prix résultant d’un abandon des droits de douane que l’UE applique aux bien importés de l’extérieur de sa zone (et donc un élargissement du marché pour l’industrie britannique), une amélioration de la performance à l’export, moins de bureaucratie et « la fin de la contribution annuelle de 10 milliards de livres » (11,2 milliards d’euros) au budget de l’Union européenne. « L’effet cumulé reviendra à accroître la croissance de près de 3 points par an dès le milieu des années 2020 », estime le rapport.
 
Le texte prévoit que les emprunts d’Etat et la dette nationale devraient diminuer jusqu’à engendrer un excédent budgétaire dès 2021. Selon les prévisions du professeur Minford, à la fin de 2016 le ratio de dette publique sur le produit intérieur brut (PIB) devrait s’établir à 55 % contre 89 % en 2017. Le Traité de Maastricht fixe aux Etats membres un objectif de 60 % de dette sur le PIB. Le différentiel de taux obtenu alors par le Royaume-Uni – 5 points – pourrait « être dépensé sur les cinq années précédant 2026 », estime le rapport. Soit 135 milliards de livres (151,5 milliards d’euros) au total.
 

Les dividendes du Brexit : 65 milliards dégagés par la baisse des contributions et de la bureaucratie

 
« Dès la première année du Brexit, soit 2020, le pays pourrait ainsi dépenser 25 milliards de livres supplémentaires par an », estime le Patrick Minford (28 milliards d’euros). Mieux, à partir de 2025, le surplus pourrait atteindre 40 milliards de livres grâce à un déficit réduit de 1 point sur le PIB, ce qui engendrerait un dividende total de 65 milliards de livres à dépenser ».
 
Le professeur Minford, dont le rapport sera détaillé ce mardi à Westminster, a déclaré que « Malheureusement, depuis la campagne du référendum (sur la sortie de l’UE), le ministère du Trésor et l’Office pour la responsabilité budgétaire ont toujours été pessimistes sur les perspectives économiques post-Brexit ». « Le chancelier (Philip Hammond, ministre des Finances, NDLR) doit construire son budget pour projeter une vision positive d’une Grande-Bretagne prospère hors de l’Union européenne », a ajouté le Pr Minford. « Nous avons établi, conclut-il, un projet de budget post-Brexit qui permettra d’énormes baisses d’impôts pour les gens qui travaillent beaucoup et une baisse des taxes sur les entreprises, tandis que simultanément le ratio dette/PIB sera réduit, permettant une augmentation des dépenses ».
 

Matthieu Lenoir