Le rapport est confidentiel, mais ses conclusions sont d’intérêt public. Un groupe de travail fédéral vient de le réaliser à la demande de l’Advisory Committee on Immunization Practices (Commission consultative sur les pratiques d’immunisation, ACIP) qui cherche à évaluer la manière dont sont répertoriés les effets secondaires des vaccins anti-covid. Le rapport plaide pour des changements de fond dans ce domaine et ajoute que cela est « urgent ». Les auteurs proposent de créer une catégorie diagnostique spécifique aux dommages causés par le vaccin anti-Covid, de nouvelles directives pour les diagnostics, ainsi que la mise en place d’un réseau de centres de recherche afin d’étudier les données à long terme à la fois des vaccins et de la maladie elle-même.
L’élément déclencheur de ce travail mérite d’être souligné. L’ACIP s’est penchée sur un sondage mené auprès de 1.110 adultes américains en 2023 par Rasmussen Reports sous le titre « Killer Jab ». L’institut de sondage, réputé conservateur, posait cette simple question : « Connaissez-vous personnellement quelqu’un qui soit mort en raison des effets secondaires du vaccin Covid-19 ? » Une personne sondée sur quatre avait répondu par l’affirmative.
Un Américain sur quatre persuadé que le vaccin anti-covid tue
De telles affirmations sont certes subjectives, puisque les sondés donnaient leur sentiment personnel à ce sujet et non le résultat d’une recherche vérifiée. Le New York Times, qui n’est pas un journal de droite, s’empresse de souligner que les résultats du sondage émanant d’une entité conservatrice ne doivent pas être pris pour argent comptant.
Mais le fait est que des milliers de personnes sont persuadées d’avoir subi toutes sortes de dommages à la suite de la vaccination, qu’ils soient neurologiques, cardio-vasculaires ou immunitaires. Beaucoup d’entre eux se plaignent d’avoir été renvoyés et d’avoir vu leur signalement écarté en tant que déclaration de symptômes « psychosomatiques ».
Les résultats présentés par le groupe de travail fédéral font l’objet de controverses dans le monde médical. Ainsi, le docteur Sean O’Leary, de l’American Academy of Pediatrics, a-t-il affirmé que des études ont été sélectionnées pour soutenir des résultats désirés.
Plusieurs organismes médicaux poursuivent en justice le département de la Santé en vue d’empêcher des réunions de l’ACIP, et il semblerait que le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., ait été rappelé à l’ordre par l’administration Trump, qui aimerait mieux le voir s’exprimer sur des sujets plus consensuels comme la malbouffe, beaucoup d’Américains étant réputés hostiles à la mise en cause des vaccins en général.
Travailler sur les effets secondaires du vaccin anti-covid est déjà suspect
A ce jour, le groupe de travail covid a suggéré à l’ACIP de revoir des recommandations en cours des vaccins ARNm fabriqués par Pfizer et Moderna, au moins pour les enfants, les femmes enceintes et les moins de 40 ans. Parmi les membres de la CIP figurent plusieurs vaccino-sceptiques, comme les désigne la presse mainstream. En clair, ils réclament davantage d’études et une vraie prudence. Ils n’excluent pas la recommandation de vaccins dûment et honnêtement testés.
Le New York Times cite à cette occasion une immunologiste de Yale, Akiko Iwasaki, qui travaille justement sur le syndrome post-vaccinal et sa similitude avec le covid long. « Nous savons que certaines personnes présentent des symptômes prolongés et débilitants à la suite de la vaccination et cela justifie des études cliniques, épidémiologiques et mécanistiques supplémentaires afin de mieux comprendre la cause de leur affection. A tout le moins, les patients méritent des soins compassionnels et fondés sur l’expérience », a-t-elle déclaré.
Plus nombreux sont ceux qui dénoncent les travaux de l’ACIP en l’accusant notamment de se focaliser sur une histoire déjà ancienne, au lieu de s’intéresser à la diffusion de la rougeole en cours aux Etats-Unis ainsi que sur des vaccins de fabrication plus récente. En fait, rien n’a changé dans ces milieux. On balaye sous le tapis ce qui dérange politiquement au lieu d’applaudir chaque fois qu’un vrai travail d’évaluation scientifique est proposé, même s’il est ouvert à toutes les solutions.











