“La bombe P” d’Ehrlich, source de la révolution arc-en-ciel

Ehrlich source révolution arc-en-ciel
 

Dans son excellent papier sur la mort de Paul Ehrlich, Jeanne Smits a dit l’essentiel sur ce spécialiste des papillons mué en démographe qui lança en 1968 avec son livre La bombe P un pamphlet terroriste prévoyant l’effondrement de la planète sous la surpopulation humaine. Jeanne Smits a rappelé que ses prévisions fausses furent « retouchées » à toutes les rééditions avec l’extrême indulgence de la critique, que la communauté internationale a suivi la voie qu’il ouvrait, en matière notamment de « contrôle des naissances », et qu’il est mort couvert d’honneurs. J’aimerais ajouter deux petites choses : il est le premier exemple massif de captation de l’autorité de la science au profit de la révolution arc-en-ciel, et il se trouve à la source du processus dont la fable de l’anthropocène et du réchauffement du climat par l’homme sont l’aboutissement actuel.

 

De La bombe P d’Ehrlich à l’anthropocène le cortège de la terreur

On connaît le père intellectuel de Paul Ehrlich, il s’agit du pasteur britannique Malthus, qui avait trouvé une formule mathématique inadaptée pour justifier sa croyance que la population humaine croît plus vite que les subsistances qui la font vivre : la réalité l’a démenti, la révolution verte en particulier. Mais Ehrlich en a tiré un enseignement capital : dans le débat idéologique et politique, l’apparence de la science est un argument de poids. Il a choisi avec The Population Bomb, La bombe P, de se prévaloir de la démographie pour lancer ses vaticinations terroristes. Et celles-ci ont été les premières d’un long cortège. En 1972 paraissait le rapport Meadows du club de Rome préconisant la croissance zéro, puis une série de prophéties à rendre jaloux Nostradamus, sur l’hiver nucléaire, les pluies acides, le trou dans la couche d’ozone, et finalement le réchauffement du climat par l’homme et l’avènement de l’anthropocène.

 

La révolution arc-en-ciel convertit l’humanité à une vie nouvelle

L’intention de cette séquence de mythes est double. Premièrement, il s’agit de persuader l’humanité qu’elle est responsable de malheurs terribles à venir, de sorte qu’elle se sente coupable et accepte des changements dans sa vie et des contraintes qu’elle n’aurait jamais acceptés sans cela. Il lui faudra consommer, produire et vivre autrement. L’anthropocène impose une conversion. Deuxièmement, on incline l’humanité à cette conversion par des prophéties. Demain une famine épouvantable ruinera une terre surpeuplée, demain les ultraviolets provoqueront 200 millions de cancers, demain l’Afrique cuira et l’Europe gèlera sans Gulf Stream. Demain. Or, vous aurez noté qu’on ne peut réfuter ces prophéties par une expérience scientifique. On s’écharpe à coups de modèles en attendant demain. Dans le jargon lancé par Karl Popper, on dit qu’elles sont « non falsifiables ». Autrement dit, on les énonce pour bénéficier de leur aspect scientifique, mais elles n’appartiennent pas à la science. Le parti de la terreur et de la collapsologie planétaire dont Ehrlich fut une source et un précurseur capte abusivement l’autorité de la science pour imposer sa vision.

 

L’arc-en-ciel impose la permanence du mensonge

Mieux, la communauté scientifique internationale, qui a eu le temps de constater que les prévisions d’Ehrlich étaient du bullshit, comme on dit en américain, a persisté dans son approbation, et persiste, Jeanne Smits l’a rappelé, à masquer ses erreurs. En somme l’arc-en-ciel sait son dogme faux et il le maintient. Ce qui est vrai pour La bombe P l’est aussi pour le climat. C’est qu’en effet le mensonge malthusien d’Ehrlich, comme celui de l’anthropocène, s’ils n’ont aucune consistance scientifique, ont un but idéologique et politique immense. La redistribution planétaire des richesses mise en branle par la révolution arc-en-ciel brasse des milliards de dollars, le nouveau paradigme nourrit (empoisonne) les âmes et régit les actes tout autour de la planète.

 

Le but ultime de la révolution est la mort du catholicisme

Cette révolution provoque deux mouvements qui tendent au même but. Le premier est la décroissance, économique et démographique. La transition démographique, prévisible et prévue dès l’origine, en arrive au nord à l’implosion démographique : dans une pyramide des âges qui s’inversent, les actifs au centre n’ont d’autre choix, pour survivre et assurer la survie des vieux qui coûtent cher, que de renoncer à faire des enfants. Donc, moins on fait d’enfants, moins encore on en fait – la télévision inculquant à chacun, à mesure de l’enrichissement, les valeurs de cette décroissance. Deuxième mouvement : la disparition rapide du monde européen, blanc et chrétien s’accompagne de la croissance d’un monde non européen, non blanc et non chrétien. La résultante, à terme, des deux mouvements, est une planète peu peuplée d’humains et débarrassée de la civilisation chrétienne. Il y a une source qu’Ehrlich aurait pu revendiquer, celui qui fut dès l’origine le père du mensonge.

 

Pauline Mille