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Des chercheurs américains modifient les gènes d’un embryon avec la technique CRISPR-Cas9 :
ingénierie génétique ou eugénisme ?

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Bientôt des bébés sur mesure ? La diffusion très rapide de la technique révolutionnaire des « ciseaux génétiques » CRISPR-Cas9 permet de le craindre. Cette technique de modification du code génétique des êtres vivants est très prometteuse pour supprimer certaines maladies génétiques. Une équipe de chercheurs américains a publié le 2 août dans la revue scientifique Nature les résultats d’une expérience qui a permis de corriger in utero une anomalie génétique responsable de la myocardiopathie hypertrophique. La technique a permis de corriger l’anomalie d’un embryon atteint, alors que jusqu’ici on recourait au barbare diagnostic pré-implatatoire (DPI), en supposant qu’un seul des deux parents était porteur de l’anomalie, afin de sélectionner un embryon sain en recourant à la fécondation in vitro.
 

La technique CRISPR-Cas9 utilisée sur des embryons humains

 
L’autre méthode utilisée, c’est tout bonnement le diagnostic prénatal et l’élimination avant leur naissance des enfants touchés par ces anomalies génétiques.
 
Si la correction in utero des gènes défectueux est incontestablement préférable à l’assassinat de masse induit par les pratiques eugéniques impliquant le recours à l’avortement ou à la destruction embryonnaire, les nouvelles techniques d’ingénierie génétique risquent fort de permettre de pousser l’eugénisme beaucoup plus loin. Car outre les quelque 10.000 maladies monogéniques identifiées à ce jour par les scientifiques que l’on devrait pouvoir à terme supprimer, nonobstant les effets inattendus sur le génome humain que ces interventions pourraient avoir, il faut s’attendre par exemple à ce que certains parents fortunés soient tentés de donner « un bon départ dans la vie » à leur enfant en faisant améliorer certaines de leurs caractéristiques, y compris en leur apportant des « améliorations » transmissibles aux générations suivantes.
 

L’expérience des chercheurs américains annonce-t-elle l’avènement d’une « élite » génétiquement modifiée ?

 
C’est ce que craint le docteur David King de l’organisation britannique Human Genetics Alert, qui a déclaré à RT : « Je ne pense pas qu’il soit irréaliste d’imaginer que, une fois qu’on aura eu plusieurs générations d’une élite génétiquement améliorée, le reste de la population étant sans amélioration génétique, les gens de l’élite n’auront guère d’intérêt pour procréer avec les représentants du reste de la population ». Un monde avec une telle ségrégation de fait entre les élites génétiquement modifiées et le petit peuple resté « bio » serait, prévient King, « un monde bien plus inégalitaire et oppressif que ce que nous avons connu jusqu’ici ». Même si, convient le docteur King, qui précise ne pas être opposé à l’avortement, dans une interview pour la radio britannique TalkRadio, les eugénistes des années 30 auraient déjà été ravis d’avoir plus de 90 % des trisomiques éliminés avant la naissance comme c’est le cas aujourd’hui avec le diagnostic prénatal et les avortements eugéniques.
 

Eugénisme et ingénierie génétique sont étroitement liés

 
Du reste, les liens de parenté historique entre la science génétique actuelle et le mouvement eugéniste de la première moitié du XXe siècle sont prouvés, et c’est une raison de plus pour se méfier des avancées de la génétique.
 

Olivier Bault