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La Commission européenne reproche à l’Italie, la Grèce et la Croatie leur inefficacité sur les relevés d’empreintes digitales des migrants

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La Commission européenne a reproché jeudi à la Grèce, l’Italie et la Croatie de ne pas être assez efficaces dans les relevés des empreintes digitales des demandeurs d’asile et des migrants arrivant irrégulièrement sur leurs territoires, et dans l’obligation de les transmettre ensuite au système central Eurodac dans les 72 heures.
 
Alors qu’elle avait envoyé des lettres administratives à ces trois Etats-membres en octobre dernier, la Commission européenne estime désormais dans un communiqué que, « deux mois plus tard, les problèmes n’ont pas été résolus de manière efficace ».
 

La Commission européenne sanctionne l’Italie, la Grèce et la Croatie

 
Elle a donc envoyé à ces trois pays des lettres de mises en demeure auxquelles ils ont deux mois pour répondre. Il s’agit là de la première phase d’une procédure d’infraction, qui pourrait aller, au cas où la Commission ne serait pas satisfaite des résultats desdits pays, jusqu’à une saisine de la Cour européenne de Justice de l’Union européenne.
 
L’Italie a d’ores et déjà réagi à cette nouvelle pression de Bruxelles. Le chef du gouvernement, Matteo Renzi, a tout bonnement accusé l’Europe de ne pas faire tout ce qu’elle devrait pour faire face au flux migratoire.
 
Dans un communiqué, Sandro Gozi, son sous-secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, précise la position des autorités italiennes : « L’Europe doit assumer ses propres responsabilités en soutenant les pays qui sont depuis longtemps en première ligne dans la gestion de la crise des réfugiés, à commencer par l’Italie. »
 
Et il ajoute : « L’ouverture d’une procédure d’infraction sur les identifications, au regard des grands efforts que nous effectuons, n’est certainement pas la réponse que nous attendons de l’Europe. »
 

Inefficacité sur les relevés d’empreintes digitales des migrants : à qui la faute ?

 
On peut comprendre la réaction assez vive des autorités romaines. D’abord, parce que la fameuse répartition des migrants dans les divers pays de l’Union européenne n’est toujours qu’un vœu pieu.
 
Ensuite, parce que contrôler et relever les empreintes des migrants arrivant irrégulièrement n’est pas aussi simple que cela, notamment du fait de la masse du flux migratoire, et aussi des violences de certains de ces migrants. La semaine dernière, le président du Conseil européen Donald Tusk observait d’ailleurs que, « si l’on veut contrôler les migrants et les réfugiés, on a besoin de davantage de temps que la minute pour prendre leurs empreintes digitales ». Quand ils sont plusieurs milliers à se présenter par jour, comme fait-on ? On arrête la course du soleil ?
 
Enfin, parce que, effectivement, la Commission européenne ne sait que gronder et sanctionner. Que fait-elle, en pratique, pour gérer la crise migratoire ? Absolument rien ! Parce qu’il lui faudrait annoncer, haut et fort, que l’Union européenne se refuse d’accueillir davantage de migrants, et que ceux qui frapperont à la porte devront s’en retourner chez eux. Et cela, c’est contraire à l’idéologie qui est au fondement même de la construction européenne.
 

François le Luc