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Les éoliennes, « prédateurs » d’oiseaux prédateurs, bouleversent les écosystèmes

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Les champs d’éoliennes se comportent en véritables « prédateurs », bouleversant les écosystèmes, blessant les oiseaux situés au sommet de la chaîne alimentaire et déclenchant des effets en cascade délibérément ignorés par les avocats des énergies vertes. Or l’éolien est le secteur des énergies renouvelables qui se développe le plus rapidement, fournissant aujourd’hui quelque 4 % de la demande mondiale d’électricité. Tandis qu’actuellement l’éolien mobilise dans le monde près de 17 millions d’hectares, soit la surface de la Tunisie, des chercheurs estiment que ses développeurs ont « largement sous-estimé » l’impact de cette technologie sur l’environnement naturel.
 

Des chercheurs ont étudié un très riche écosystème perturbé par des éoliennes

 
Dans une publication récente, une équipe de chercheurs internationaux a étudié l’effet des turbines éoliennes dans les Ghats occidentales, chaîne de montagnes forestières d’Inde de l’Ouest inscrite au patrimoine mondial par l’Unesco. Ces Ghats constituent une zone de grand intérêt pour la biodiversité grâce à leur très riche écosystème. Ces scientifiques ont découvert que les oiseaux rapaces prédateurs étaient quatre fois moins nombreux dans les zones de plateau de cette région où les éoliennes étaient implantées. Cette faible représentation a des impacts en cascade sur la chaîne alimentaire, modifiant profondément la densité et le comportement des proies de ces oiseaux.
 
Par exemple, l’équipe de chercheurs a relevé une explosion du nombre de lézards à gorge en éventail dans les zones d’implantation des turbines. Ils ont noté en outre des changements importants dans les comportements et l’apparence de ces lézards, qui désormais se comportent comme s’ils n’étaient menacés par aucun prédateur. Maria Thaker, professeur assistant au Centre des études écologiques de l’Institut indien des sciences, note « des changements discrets dans le comportement, la morphologie et la physiologie » de ces lézards.
 

La densité des grands oiseaux prédateurs a diminué au droit des éoliennes

 
Comme la densité de grands oiseaux prédateurs a diminué au droit de ces éoliennes, ces petits animaux vivant alentours ont diminué leur vigilance spontanée. Lorsque l’équipe de chercheurs a simulé une « attaque de prédateur », ils ont pu approcher les lézards présents dans les zones d’éoliennes cinq fois plus près que ceux vivant loin d’elles. Les premiers présentent des taux d’hormones du stress plus faibles que les seconds, un phénomène qui a dû se développer au long de la vingtaine d’années qui a suivi l’implantation de ces turbines dans les Ghats occidentales.
 
Les éoliennes sont réputées dangereuses pour les oiseaux, entravant leurs migrations et augmentant leur taux de mortalité. Mais cela va plus loin. « Elles entraînent une modification des équilibres entre animaux dans l’écosystème comme si elles étaient elles-mêmes les premiers prédateurs en haut de l’échelle », explique Maria Thaker. « Elles sont les prédateurs des prédateurs, moins en les tuant qu’en les éloignant », complète-t-elle.
 

Les champs d’éoliennes agressent l’environnement

 
Il apparaît donc que l’impact des champs d’éoliennes, présentées comme l’alternative « idéale » aux énergies fossiles alors qu’elles ne produisent en moyenne que 23 % du temps, agressent plus l’environnement naturel qu’on ne le pensait. « Il aura fallu des décennies aux scientifiques pour évaluer l’impact négatif des éoliennes sur les oiseaux », regrette Maria Thaker. « Nous devons prendre garde à la façon dont nous déployons les installations d’énergie verte », prévient-elle, suggérant de les placer « dans des endroits qui sont déjà perturbés d’une façon ou d’une autre, sur des immeubles par exemple ». Or cette idée surprenante pose une quantité d’autres problèmes : les éoliennes sont bruyantes ; elles émettent des infrasons hautement toxiques pour l’homme ; les éventuels détachements de leurs pales présentent un danger gravissime ; et elles causent des perturbations électromagnétiques. Sans parler de leur ancrage, qui nécessite des masses de béton considérables et qui rendent utopique l’hypothèse d’une installation sur immeubles.
 

Matthieu Lenoir