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Les Etats-membres de l’Union européenne s’accordent sur la pollution automobile

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Les pays de l’Union européenne sont arrivés mercredi à un compromis concernant de nouvelles procédures de tests des émissions polluantes dans le secteur automobile. Cet arrangement intervient malgré l’agitation provoquée par le scandale Volkswagen. Mais il est vrai que la pénalisation prochaine du diesel n’arrange guère les Etats-membres, et moins encore les constructeurs. Sans parler des particuliers que l’on a incités pendant des décennies à rouler au diesel, et qui se retrouveraient pénalisés par là où ils ont été vertueux ! La pollution ne se décrète pas ; elle est, ou elle n’est pas. Face aux difficultés qui résultent d’une certaine subjectivité pleine d’aléas pécuniaires, les Etats s’accordent donc pour permettre aux voitures de continuer à émettre plus du double des plafonds prévus jusqu’ici.
 
Le comité technique pour les véhicules à moteur aura néanmoins eu du mal à trouver une solution. Mais il ne pouvait que réduire les prétentions de la Commission européenne devant la volonté exprimée de plusieurs Etats-membres de défendre, et même de préserver l’industrie automobile, parmi lesquels l’Allemagne figurait en bonne place. En revanche, les Pays-Bas ont voté contre un compromis qu’ils jugent trop laxiste. Une simple liste comparative des constructeurs automobiles et néerlandais suffit à expliquer ces positionnements opposés…
 

L’Union européenne revoit les normes de pollution automobile

 
Quoi qu’il en soit, l’accord conclu mercredi définit un « facteur de conformité » de 2,1 à partir de la fin de l’année 2017. Ce qui signifie simplement que les véhicules, pour une période de deux ans, pourront produire plus de deux fois plus d’émissions polluantes que la limite officielle de 80 milligrammes/kilomètre.
 
Deux ans plus tard, en effet, ce facteur de conformité devrait être abaissé à 1,5, selon certains participants aux discussions.
 
Cet accord a passablement été critiqué au Parlement européen, notamment par les députés écologistes, ainsi que par certaines organisations de défense de l’environnement. « Il semble que les gouvernements préfèrent que les citoyens meurent à cause des émissions des gaz d’échappement des diesels plutôt que d’exiger des constructeurs qu’ils intègrent une technologie coûtant cent euros », a ainsi réagi l’ONG Transport & Environment dans un communiqué.
 

Nombreuses critiques contre l’accord des Etats-membres

 
De fait, les oxydes d’azote, dont le transport routier est la principale source d’émissions en France, peuvent être responsables de troubles respiratoires et de décès prématurés, et ils sont désormais principalement associés aux véhicules à moteur diesel. Mais comme toujours, ces éléments restent peu quantifiés et un décès prématuré de quelques heures ou un ou deux jours entre dans les chiffres brandis par les médias. Et si les coûts de la pollution sont montés en épingles, les bénéfices du transport automobile sont systématiquement occultés.
 
Certains critiques font également part d’une incompréhension totale à la veille de la COP21, et au lendemain du scandale de manipulations des tests des émissions polluantes par le constructeur allemand Volkswagen. Cette situation, de leur point de vue, aurait plutôt dû pousser la Commission européenne à camper sur ses propositions, voire à les durcir.
 

Position délicate de la Commission européenne

 
Mais les affirmations toutes récentes du quotidien britannique Financial Times, selon lesquelles la Commission européenne aurait eu connaissance de ce scandale plus de deux ans avant les révélations sur la tricherie de Volkswagen l’ont sans doute incité à faire profile bas devant la détermination de certains Etats-membres.
 

François le Luc