Chômage aux Etats-Unis : le ministère du travail annonce de nouveaux emplois. Sans parler des délocalisations

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Le rapport sur l’emploi publié jeudi par le ministère américain du travail soutient le discours officiel sur la sortie de la récession aux Etats-Unis : le taux de chômage a chuté à 5,5%, plus bas encore que ce que les économistes prédisaient, alors que la croissance engendrait près de 300.000 nouveaux emplois. La nouvelle a provoqué une baisse de 1% de la valeur des actions sur Wall Street, les investisseurs craignant que cette bonne nouvelle ne pousse la Fed à hâter le relèvement des taux d’intérêt. Mais les investisseurs n’ont aucune inquiétude à avoir : ce rapport est une imposture. Il ne parle pas de tous les postes délocalisés.
 
Si le rétablissement de l’économie américaine était réel, les salaires auraient augmentés, les employeurs cherchant à pouvoir répondre à une demande croissante de leurs marchandises et services. Pourtant ces salaires –corrigés de l’inflation – sont restés à leur niveau de l’année passée.
 

Des postes de travail sont créés mais le chômage augmente

 
Si le rétablissement de l’économie était réel, les non-actifs – parmi lesquels les découragés, les travailleurs à temps partiel ou les éternels étudiants qui s’accrochent aux bancs de l’université – sortiraient de leurs abris pour profiter des avantages offerts par ces nouveaux emplois créés par la croissance économique. Or le taux de participation à l’économie n’augmente pas.
 
Où sont ces nouveaux postes ? L’industrie pétrolière a subi une perte de 9.300 postes tandis que le secteur volatil du « loisir et de l’hospitalité » en a créé 66.000, les « services professionnels et d’affaires » en ont créé 51.000. Le secteur de la santé a engendré 32.000 nouveaux emplois tandis que 29.000 postes ont été créés dans la construction. La fonction publique, quant à elle, compte 7.000 nouveaux postes.
 
L’industrie s’est contentée de la création de 8.000 nouveaux postes, le plus petit gain atteint en une année complète. Une performance peu impressionnante pour une économie « en croissance » de plus de 150 millions de travailleurs.
 

Etats-Unis : le chômage augmente malgré les nouveaux emplois

 
Entre février 2014 et février 2015, les chiffres du ministère du travail montrent une augmentation du nombre de travailleurs, de 92 à 94 millions, tandis que le nombre de chômeurs a également augmenté, de 6 à 6,5 millions.
 
Le taux d’embauche chez les personnes les plus à même de travailler – ceux âgés de 25 à 54 ans – était à 84,4% en 2000. Un nombre qui n’a cessé de baisser depuis et se stabilise désormais à 77.3%. La classe des jeunes a désormais abandonné l’idée de trouver un travail, avec un taux de participation de seulement 55%, contre 66% entre 1998 et 2000.
 
Le mois dernier, 8,7 millions de gens recherchaient activement du travail sans en trouver, 6,5 millions d’autres personnes voulaient également un travail mais avaient cessé d’en chercher, et 6,6 millions encore voulaient un travail à plein temps mais se résignaient à travailler à mi-temps, faute de trouver ce qu’ils cherchaient.
 

La délocalisation n’est pas compensée par les nouveaux emplois

 
Où sont donc passés tous ces emplois ? La plupart sont partis dans des pays étrangers – conséquence des réglementations et des taxes appliquées aux Etats-Unis, et des accords de libre-échange. Si l’on peut parler d’« échange » lorsqu’il est surtout question de délocalisation.
 
Les défenseurs de tels accords assurent le contraire, évidemment. En 2013, un article du Times affirmait que les accords de libres échanges « sont bénéfiques pour l’économie : cela encourage les exports, améliore l’efficacité et réduit les coûts pour tous les consommateurs ».
 
La réalité ? En 1994, un accord de libre-échange est conclu dans la région nord-américaine : l’accord passé avec le Mexique a provoqué le déplacement de 682.900 postes de travail américains chez le voisin des Etats-Unis.
 
Lorsque la Chine est devenue membre de l’Organisation mondiale du Commerce, en 2001, le résultat a été le même malgré les promesses : entre 2001 et 2011, les Etats-Unis ont perdu 2,7 millions de postes de travail. Même chose avec les accords de libre-échange passés avec la Corée du Sud : ils ont induit une perte de 40.000 postes de travail américains.
 
Mais l’administration Obama, comme les partis républicain et démocrate, défendent désormais les accords de libre-échange transpacifique et transatlantique.