Une « étude » prétend que l’avortement est plus sûr pour la femme que l’accouchement

étude avortement sûr accouchement
 

La culture de mort ne connaît nulle limite, ni dans le cynisme de ses arguments, ni dans la fausseté de ses assertions. Ainsi une étude récente de l’Université du Maryland et de l’Université Brown affirme que les interdictions d’avortement exposeraient les femmes qui accouchent à un risque de mortalité « 44 à 70 fois supérieur à celui lié à l’avortement ». La conclusion politique implicite qu’en tirent les pro-choice est simple comme bonjour, la voie de l’avortement est la plus sûre pour la femme, et ceux qui entendent l’en préserver pour la mener jusqu’au terme de la grossesse, l’accouchement, sont des irresponsables qui ne tiennent pas compte de la réalité médicale. Mais cette argumentation est spécieuse, on va le voir.

 

C’est sûr : « l’étude » compare l’incomparable

Maria Steenland, principale responsable de l’étude, est professeur adjoint à l’Ecole de santé publique de l’Université du Maryland. Elle affirme : « Notre analyse montre qu’il est beaucoup plus dangereux d’être enceinte que d’avorter, et cet écart en matière de risque de mortalité est encore plus important qu’on ne le pensait auparavant. » L’affirmation est claire et simple. Mais elle est fausse et ses mobiles sont troubles. Cette conclusion à l’emporte-pièce repose en effet sur deux données qui clochent. D’un côté le nombre de décès maternels liés à l’accouchement qui doivent être déclarés et faire l’objet d’enquêtes systématiques dans les cinquante Etats des Etats-Unis. C’est précis et soigneusement observé. De l’autre côté, il y a le nombre de décès déclarés comme étant dus à un avortement : mais ceux-ci ne sont pas obligatoirement déclarés, et font donc encore moins l’objet d’une étude systématique dans les cinquante Etats. Les deux séries de données comparées ne sont donc pas homogènes ni comparables, et la comparaison est donc biaisée à la base.

 

On compte les morts dues à l’accouchement, pas celles de l’avortement

Le ratio « découvert » par Maria Steenland et ses assistants ne signifie donc rien, comme l’établit la critique portée par David Reardon, de l’Institut Elliot, en commentaire. « Le problème fondamental de cette analyse réside dans le fait qu’elle ignore l’absence de processus systématique d’identification et de recensement des décès liés à l’avortement. (…) Des études montrent que seulement 1 % des décès consécutifs à un avortement seront identifiés sans lien entre les certificats de décès et les registres d’avortement, qui n’existent tout simplement pas aux Etats-Unis. » En n’incluant que les décès liés à l’avortement à court terme, elle ignore aussi que l’avortement est un facteur de risque accru de décès par maladies cardiovasculaires, etc. En résumé, les meilleures données disponibles montrent que l’avortement augmente le risque de mortalité de plus de 50 % par rapport aux femmes qui mènent leur grossesse à terme. L’étude illustre en fait pourquoi les partisans de l’avortement s’opposent systématiquement aux lois et réglementations nécessaires à une surveillance adéquate des complications liées à l’avortement : des données erronées permettent de prétendre plus facilement que l’avortement est sans danger.

 

P.M.