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Trump, Brexit, populistes : les catastrophes annoncées ne se réalisant pas, doit-on encore faire confiance aux « experts » ?

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Faut-il faire confiance aux experts ? C’est le professeur d’économie Walter E. Williams qui posait la question mercredi sur le site libéral-conservateur The New American à propos de Trump, en rappelant tous les experts célèbres qui se sont lourdement trompés. En ce qui concerne l’élection de Donald Trump, ce choix fait par les électeurs américains aurait dû plonger le pays dans la récession sous 18 mois, selon Lawrence Summers, ancien secrétaire du Trésor et également ancien président d’Harvard et ancien directeur du Conseil économique national d’Obama. Dix-huit mois après l’entrée en fonction de Donald Trump, c’est tout le contraire qui s’est passé : la croissance est dynamique et le chômage en baisse. Steven Rattner, ancien conseiller du secrétaire du Trésor d’Obama, avait pourtant prévenu : « Dans l’éventualité improbable d’une victoire de Trump, on assistera à un effondrement des marchés dans des proportions historiques ». Lui aussi a eu tout faux. Le prix Nobel d’économie Paul Krugman avait également mis en garde dans les colonnes du New York Times contre l’élection de Donald Trump qui entraînerait « très probablement une récession à l’échelle mondiale qui ne sera pas près de finir ». Pour le moment, on attend toujours qu’elle commence. Les experts du Washington Post prévoyaient aussi que « Un président Trump pourrait détruire l’économie mondiale ».
 

L’élection de Donald Trump n’a pas provoqué la catastrophe économique annoncée, bien au contraire !

 
Walter E. Williams remonte plus loin, pour montrer à quel point il faut être prudent, quels que soient les experts qui nous gratifient de leurs prévisions. C’est ainsi que trois jours avant le crash de 1929, un professeur d’économie de Yale, Irving Fisher, assurait publiquement que les prix des actions resteraient définitivement à leurs niveaux élevés. Dans le domaine militaire, un amiral expert en explosifs a affirmé en 1945 au président Truman que la bombe atomique développée dans le cadre du projet Manhatan n’exploserait jamais. Au début du XXe siècle, des experts ont assuré que la voiture ne remplacerait jamais le cheval et que la cavalerie à cheval ne céderait jamais la place aux tanks. Même des génies comme Albert Einstein, affirmant que le nucléaire civil ne domestiquerait jamais l’atome, Isaac Newton et Lord Kelvin se sont lourdement trompés dans certaines de leurs prévisions.
 

Sur les conséquences économiques d’un vote en faveur Brexit et des décisions prises par les gouvernements populistes, les experts ont eu tout faux

 
L’auteur du New American n’évoque pas le sujet Brexit, qui fourmille pourtant d’exemples de prédictions qui se sont révélées très aventureuses ou délibérément trompeuses. L’économie britannique et la livre sterling devaient s’effondrer après un éventuel vote en faveur du Brexit dans le référendum de juin 2016, et l’on devait assister à une fuite massive des investisseurs. En décembre dernier, le Center for Economics and Business Research (CEBR) était contraint de reconnaître ses erreurs avec cet aveu pathétique, que tous n’ont pas encore eu le courage de faire : « Il y a un an, nous craignions que le Brexit n’ait un effet transitionnel significatif sur l’économie britannique, la laissant à la traîne par rapport à l’économie de la France pendant cinq ans. Il semble aujourd’hui que nos peurs aient été exagérées. »
 
En Pologne, l’ancien ministre des Finances de Donald Tusk Jacek Rostowski prédisait au début de l’année 2016 que les allocations familiales instaurées par le gouvernement « populiste » de Beata Szydło allaient creuser le déficit budgétaire à un niveau insoutenable. Ici aussi, c’est tout le contraire qui s’est produit grâce à une meilleure lutte contre la fraude fiscale à l’origine de recettes budgétaires supérieures aux nouvelles dépenses.
 
Le problème avec les experts, c’est qu’ils prennent souvent leurs désirs pour des réalités. L’auteur du New American estime toutefois qu’ils méritent d’être écoutés, mais avec une bonne dose de scepticisme.
 

Olivier Bault