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Faut-il supprimer la Fed ?
Quand les banques centrales alimentent l’inflation et provoquent les crises économiques

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La présidente de la Réserve fédérale américaine (la Fed), qui est aux Etats-Unis ce que les banques centrales sont en Europe, s’étonne, et elle l’a redit mardi, du faible niveau d’inflation, affirmant ne pas vraiment comprendre les raisons pour lesquelles celle-ci reste en dessous de l’objectif de 2 % fixé par elle-même, Janet Yellen, et ses pairs. De toute façon, les déclarations de Mme Yellen montrent que, quoi qu’elle fasse, elle le fera probablement en coordination avec des autres grandes banques centrales, en cherchant à répondre aux attentes des élites mondiales inquiètes de la montée des populismes favorisée par la trop lente sortie de la crise de 2008-2009.
 
Cela devrait déjà être en soi une cause d’inquiétude, car si la présidente de la Fed est nommée par le président des Etats-Unis, la Réserve fédérale est en fait une institution privée qui appartient à ses banques-membres. Quand le Congrès avait voté une loi pour créer la Fed en 1913, il avait d’ailleurs bien pris soin de ne pas l’appeler « banque centrale ».
 

La Fed prétend réagir à une inflation dont elle est elle-même la source !

 
Le problème, explique Steve Byas sur le site du magazine The New American, c’est que les dirigeants de la Fed font la confusion entre l’inflation et la hausse des prix et des salaires. L’inflation, c’est l’accroissement de la quantité de monnaie et de crédit sur le marché, ce qui conduit bien souvent à une hausse des prix et des salaires. La hausse des prix et des salaires est donc une conséquence de l’inflation, et non l’inverse.
 
Or depuis la création du système de Réserve fédérale, c’est justement la Fed qui a généralement été à l’origine des variations de la quantité de monnaie en circulation. Parmi les instruments dont elle dispose, la Fed peut par exemple changer les taux d’intérêts de ses prêts aux banques. Lorsqu’elle baisse ses taux, la Fed incite les banques à lui emprunter de l’argent, mettant de cette manière plus de monnaie en circulation. La conséquence, c’est généralement une hausse des prix, car la valeur de l’argent en circulation diminue puisqu’il y en a davantage.
 
Cet effet inflationniste peut toutefois être masqué par la hausse de la production. Sans l’inflation alimentée par les politiques des banques centrales, les prix auraient normalement tendance à baisser avec la croissance de la production (comme ce fut le cas pendant le dernier quart du XIXe siècle), ce qui entraînerait automatiquement une plus grande distribution de richesse, puisque toute personne disposant d’un revenu ou d’un capital donné verrait sa richesse réelle augmenter en proportion de la baisse des prix. Et la baisse des taux, du fait de la croissance concomitante de l’épargne : tel est le jeu du marché.
 

Peut-être serait-il temps de dissoudre les banques centrales et de laisser le marché réguler les taux d’intérêts et les prix

 
Si la Fed est censée avoir été créée pour atténuer la violence des cycles économiques, elle n’y a pas réussi. Elle n’avait pas encore 20 ans quand la grande crise de 1929 a éclaté. Depuis lors, elle a créé des booms de toutes pièces – avec les effondrements correspondants. La grande crise de 2008 a été causée par une bulle immobilière alimentée par la politique de crédit bon marché de la Réserve fédérale. Il serait peut-être temps que le Congrès dissolve la Fed et laisse à nouveau le marché déterminer lui-même les prix.
 

Olivier Bault