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Comment les femmes doivent-elles s’habiller ? La rĂ©ponse de Trump, des islamistes et des fĂ©ministes

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Raudha Athif


 
En suggérant que nous les femmes portions des robes, Trump fait ricaner les féministes. Mais l’assassinat par des islamistes d’un mannequin des Maldives coupable de s’habiller à l’occidentale les laisse sans réponse. La pensée totalitaire est pleine de contradictions.
 
Rhauda Atif avait un visage Ă©tonnant, presque autant que l’Afghane aux yeux verts dont la photo a fait le tour du monde. Elle, venait des Maldives et elle exerçait Ă  mi-temps le mĂ©tier de mannequin international, elle avait posĂ© pour la couverture du magazine Vogue en octobre 2016 pour un numĂ©ro qui se proposait de « cĂ©lĂ©brer la beautĂ© dans la diversitĂ© Â». Vaste programme, comme disait l’autre, au cĹ“ur du politiquement correct.
 

Coupable de s’habiller en jean, elle est tuée par des islamistes

 
Le reste du temps, elle Ă©tait Ă©tudiante en mĂ©decine Ă  l’Islami Bank Medical College de Rasjahi, Ă  environ deux cent kilomètres de Dacca, au Bangladesh, oĂą sa qualitĂ© de mannequin ne passait pas inaperçue. On l’y a retrouvĂ©e morte Ă  la fin mars, dans l’hĂ´tellerie rĂ©servĂ©e aux filles du collège, et les autoritĂ©s avaient d’abord conclu au suicide, mais son père et son frère ont protestĂ© et ont demandĂ© une autopsie. Ils ont fait valoir trois Ă©lĂ©ments, elle Ă©tait en pleine forme et joyeuse, ce que ses camarades confirment, elle s’était plainte qu’on ait « versĂ© des somnifères dans son verre Â» quelque temps auparavant, et elle avait fait l’objet de remarques et de menaces de la part des islamistes pour sa façon de s’habiller « immodeste Â» et « non islamiste Â». Sans doute acceptait-elle le « dress code Â» du collège enroulant autour de son cou et de ses cheveux le grand foulard islamique, mais elle portait des jeans quand elle n’était pas en cours. La police des Maldives s’est entremise auprès de son homologue de Rasjahi. Le commissaire bangladais Amin Hossain, adjoint au responsable des investigations, estime dans sa rĂ©ponse qu’il « y a 50 % de chances qu’elle ne se soit pas suicidĂ©e Â», ce qui est une manière diplomatique d’accepter de faire droit Ă  la requĂŞte du père.
 

Trump demande aux femmes de s’habiller en femmes

 
J’attendrai les résultats de l’enquête pour être affirmative, mais l’affaire Atif fait suite à d’autres cas de meurtres maquillés en suicide où sont impliqué des islamistes, elle remue le sous-continent indien où la presse lui consacre de gros titres. Pourtant, elle semble laisser complètement froides les féministes occidentales, dont l’objet social officiel est pourtant la cause des femmes.
 
Ces fĂ©ministes semblent plus prĂ©occupĂ©s par le « sexisme Â» allĂ©guĂ© de Donald Trump. Le bombardement de la Syrie lui est comptĂ© comme un bon point mais elles ne lâchent rien sur sa façon d’être et de parler avec les femmes. TĂ©moin un billet du magazine Elle, lui aussi très versĂ© dans la beautĂ© et la diversitĂ©, qui reproche au prĂ©sident amĂ©ricain de porter trop d’attention Ă  « l’apparence physique des femmes Â». Elle cite un anonyme qui a « participĂ© Ă  la campagne de Trump Â» et affirme : « MĂŞme si vous ĂŞtes en jean, vous devez ĂŞtre soignĂ©e Â». Mon Dieu quelle horreur ! Un employeur qui demande Ă  ses employĂ©es de ne pas s’habiller comme des souillons !
 

La réponse idéologique des féministes

 
La source ajoute : « Les femmes se sentent forcĂ©es de porter des robes pour impressionner Trump Â», parce que celui-ci aurait demandĂ© Ă  celles qui l’entourent de « s’habiller comme des femmes Â». Ici gĂ®t le lièvre et se dĂ©voile l’intention de Elle. Bien sĂ»r, il s’agit pour les fĂ©ministes de casser du Trump tous les jours au petit dĂ©jeuner, mais il y a plus, et plus prĂ©cis. A la suite de ces dĂ©clarations, des dizaines de fĂ©ministes amĂ©ricaines ont adressĂ© Ă  Trump des photos habillĂ©es en pilote de chasse, en chirurgien, etc. Une manière de montrer que les femmes savent tout faire, ce que chacun sait, et d’en profiter pour affirmer, par une imperceptible confusion qu’il n’existe pas de manière de « s’habiller comme des femmes Â».  
 
Or cela est absurde, les modes et les us changent, les Chinoises des classes populaires depuis très longtemps ne portent pas de robe dans leur vie quotidienne, les Occidentales tendent Ă  s’habiller en jean, mais aucune d’entre nous ne se vĂŞt comme un homme, nous tenons Ă  nous habiller toutes « comme des femmes Â», mĂŞme si nous n’entendons pas forcĂ©ment la mĂŞme chose que Donald Trump par lĂ . 
 

Allah, la liberté, la nature et Trump

 
Ce qu’Elle et les fĂ©ministes espèrent imposer, par leur petite confusion volontaire, c’est la disparition des codes vestimentaires qui diffĂ©rentient dans toute sociĂ©tĂ© les hommes des femmes : dans leur nĂ©gation nĂ©vrotique d’une diffĂ©rence des genres liĂ©e au sexe, elles veulent en faire disparaĂ®tre les manifestations vestimentaires. Sous couleur de s’en prendre Ă  je ne sais quel machisme de Trump, c’est la diffĂ©rence naturelle des genres qu’elles visent. Elles refusent le droit aux femmes de s’habiller comme elles l’entendent, comme le font exactement aussi les islamistes. Pour les fĂ©ministes comme pour les islamistes, les femmes doivent reflĂ©ter par leur façon de s’habiller l’idĂ©ologie de ceux qui les regardent, c’est-Ă -dire eux-mĂŞmes. Les uns l’exigent au nom d’Allah, les autres au nom d’une prĂ©tendue libertĂ© qui n’est que la nĂ©gation de la nature. Finalement, c’est peut-ĂŞtre la rĂ©ponse de Trump la moins dĂ©raisonnable.
 

Pauline Mille