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« Forum des gentils » : le cardinal Ravasi a participé à un culte de Pacha Mama, la Terre Mère

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C’était en Argentine, le 29 novembre dernier. Le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, participait à une session organisée à la fois par le « Parvis des gentil », créé à l’initiative du Vatican dans en 2011 pour faciliter le dialogue entre croyants et non croyants et mis en place sous sa conduite, et par le Forum œcuménique et social. A San Marcos Sierra, non loin des contreforts des Andes chiliennes, le cardinal rencontrait des descendants des peuples autochtones. Entre tables rondes, conférences et spectacles, on y réfléchissait sur le thème : La spiritualité de nos communautés. Pour mieux illustrer le propos, les représentants indigènes ont fait une danse propre au culte de la « Pacha Mama », la Terre Mère. Le cardinal y a participé. Il a écouté, sans broncher, l’invocation de la déesse païenne. Il a applaudi.
 
Ainsi le montre une vidéo qui vient d’être mise en ligne par Youtube, découverte grâce au commentaire que lui consacre Yves Daoudal, qui l’a lui-même trouvé sur le site catholique américain Rorate caeli d’après le blog hispanophone de Francisco José Fernandez de la Cigoña. Ce qui aurait dû faire un scandale à la fin de l’année dernière vient seulement d’être mis au jour. Il n’est pas trop tard pour demander des comptes.
 

Au Forum des Gentils en Argentine, le cardinal Ravasi participe sans broncher à un culte indigène

 
« Difficile de se montrer plus sot que lui », commente donc le blog El Cigueño de la Torre sous le titre : « Le cardinal participe à un culte idolâtre mais il fait surtout l’imbécile. » C’est, de fait, l’interprétation la plus charitable, la plus bienveillante. Ne pas croire qu’un cardinal de l’Eglise catholique soit capable de participer avec conviction, avec sérieux, à une telle démonstration panthéiste. « A croire qu’aujourd’hui c’est l’humanité qui est folle. Il y a le cardinal Ravasi, si c’est bien lui qu’on voit dans la vidéo, eh bien il est difficile de faire plus le sot que lui. Mais il y a aussi les catholiques dans leur totalité qui tiennent cet imbécile pour un haut personnage de notre Eglise. Qui rend un culte à la Pacha Mama. »
 
« On ne va pas apostasier de l’Eglise catholique parce qu’il se trouve en son sein des crétins de cette envergure – mais bien apostats – comme Ravasi, je n’ai rien à voir avec cette variété d’idiot. Le Dieu que j’adore n’est évidemment pas la Pacha Mama, et pas seulement parce que ce culte me paraît propre aux déficients mentaux. Cela ne m’aurait pas étonné de la part d’Evo Morales mais de celle de Ravasi c’était évidemment une erreur. Jouer à la ronde à son âge. Et s’il le fait en tant que culte, c’est encore pire… Et le niveau des participants est consternant. Religieuse comprise. Et dire que la culture catholique est entre ces mains ? »
 

En novembre dernier, Ravasi fait la ronde autour des « symboles sacrés » de la Pacha Mama

 
Alors, Ravasi a-t-il vraiment rendu hommage à la déesse Pacha Mama ? Admettons que ce soit par pure sottise, comme le dit La Cigueña , qu’il a participé à un événement dont il ne percevait pas le sens – du moins avant de commencer. Mais soulignons que c’était vraiment lui.
 
C’est le site même du « Parvis des gentils » argentin qui publiait, dès l’an dernier mais sans la bande son et en quelques images, des images vidéo bien plus nettes de la participation du cardinal Ravasi à la ronde animiste de culte à Pacha Mama.
 

 
Sous les logos de l’« Atrio de los Gentiles », du conseil pontifical de la culture et du Forum œcuménique et social, coorganisateurs de l’événement, le même site publie à sa une la vidéo « citée » par les différents blogs catholiques.
 

 
Si l’on constate bien dans la première des deux vidéos que le cardinal s’exprime en italien et fait traduire ses propos en espagnol lors de sa rencontre avec les indigènes, il est difficile de croire qu’il n’a rien compris à ce que racontait lors de la danse de Pacha Mama le représentant de l’Institut des Cultures Aborigènes (ICA), Victor Acebo.
 
De sa voix plaintive, lamentable, lancinante, Acebo s’adresse à Pacha Mama en langue indigène. Il poursuit en espagnol :
 

L’invocation à la Terre Mère

 
« J’ai dit, dans une des langues qui furent présentes avant 1492, avant que l’Eglise et l’autre culture n’arrivent ici, ces langues étaient. Peut-être, aussi, cette cérémonie s’est-elle tenue quand ils sont arrivés, peut-être aussi quand l’évêque parlait, car nos peuples étaient déjà (là), avant qu’ils ne viennent. C’est pourquoi nous avons fait cette cérémonie pour dire que nous étions, avant qu’ils n’arrivent, eux. Et que notre spiritualité, notre foi, étaient déjà avant qu’ils n’arrivent. Et cette cérémonie, ce rituel par lequel nous marchons, c’est cheminer, cheminer en cercles, d’où rien n’échappe, où tout est contenu, ou tout, avec tous, avec tout ce qui nous entoure. Aujourd’hui j’ai demandé à la Terre Mère, disant de ceux qui nous ont invités à cette réunion, que nous avons les avons écoutés parce qu’ils veulent écouter notre voix, qui nous sommes, depuis quand nous sommes ici, et comment est notre spiritualité. Et voici les éléments de notre spiritualité [en désignant une couverture posée à même le sol], nos symboles, nos symboles sacrés, (…) la cruche, le maïs, et la pierre, et l’eau, les éléments qui nous accompagnent toujours, qui nous ont accompagnés, et qui sont la cause de notre vie. C’est pourquoi, avec mes frères et mes sœurs, nous avons ouvert cette rencontre. Nous avons demandé la permission à la Terre Mère, nous avons demandé la permission au Père Soleil Taïta Inti, et certainement chacun de mes frères, et à mesure qu’ils marchaient, dialoguaient intérieurement, avec ceci auquel nous croyons. C’est pourquoi nous avons commencé la célébration ainsi. Car nous savons l’importance et la valeur de cette rencontre. C’est pourquoi, au moment de chacune de nos rencontres, nous ne nous asseyons pas tout de suite autour de la table. Non, auparavant, il faut que nous arrive l’énergie, l’énergie positive, l’énergie qui me permet de dire tout ce que je dis, et que cela fasse du bien à l’autre, à la communauté. Voilà notre célébration. »
 
Le cardinal applaudit, brièvement et, on ose le croire, un peu gêné. Mais la ronde reprend, et il s’y joint.
 

Le Forum œcuménique et social, lieu de rencontre des cultures au mépris de la vérité

 
Sait-il que Victor Acebo fait partie de ceux qui, après la libération des peuples indigènes des cultes païens grâce à l’évangélisation, ont commencé il y a quelques décennies à raviver les cultes ancestraux ? Les cultes aux esprits ?
 
Sait-il que Victor Acebo participe à des réunions dans sa Bolivie natale, en Argentine où il vit, et ailleurs pour dire son culte à la Terre Mère, et soutenir que la terre est à tous, ne peut être la propriété de personne ?
 
Peut-être pas. Mais il a pu voir l’homme à l’œuvre. Et on suppose qu’un conseil pontifical a les moyens de donner un éclairage à son président sur les personnes qu’il rencontrera : simple question de prudence. D’autant que participaient au forum œcuménique et social l’archevêque de Buenos Aires, le cardinal Mario Poli, le nonce apostolique et bien d’autres personnalités catholiques locales.
 
Il y eut de nombreuses tables rondes autour de Jorge Luis Borges : littéraires, mais aussi sur le tango… Un concours de Haiku, une table ronde sur Jacques Maritain, Gaston Bachelard, Paul Claudel et… inévitablement, Teilhard de Chardin ; une autre sur la « responsabilité citoyenne » et même sur les hippies d’Argentine.
 
« Et dire que la culture catholique est entre ces mains ? »
 

Anne Dolhein

 
 
 

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Le cardinal Ravasi donne une poignée de main très … oecuménique